Les Heures de Coton

Des mots, des livres et encore des mots

12 octobre 2009

Dernières lignes droites

moissonneuse_new_holland_80_50_de_1985_IMG283453Ils s’activent. Le jeune mange de la poussière près des silos, commentera-t-on un peu plus tard. Un homme sort de l’atelier. La moissonneuse-batteuse a envahi l’une des cours de la ferme. La coupe à maïs a été fixée. Des mains rêches se saisissent des chaînes soigneusement graissées. Une semaine de temps sec et froid. Aucun des nuages immobiles ne menace la dernière récolte de l’année. Le séchoir démarrera aux premiers retours du camion, ajoutant, aux journées harassantes, une nuit entrecoupée de réveils.

En début de soirée, la machine aura bien attaqué le carré impeccable, mordant avec une lenteur millimétré les poupées de maïs asséchées. La nuit viendra, trop tôt, et les phares remplaceront le soleil. Puis, il faudra rentrer, se doucher, manger et dormir. Le père attendra. Quelques paroles autour de la soupe chaude et des pommes du pays. Un peu de fromage et du pain. On omettra de parler des prix toujours plus bas, de l’avenir aussi incertain que le ciel. Et puis ce fax vite lu passera de mains en mains. Une manifestation se tiendra vendredi.

Qui pourra ? Qui ? Question muette et sans réponse puisque tous seront aux champs. La terre nourrit, la terre ordonne. L’un d’eux regarde le chat endormi dans son panier. Le chat pourrait y aller non ? Ils sourient. Ici, on fait grève quand la terre le permet.

Vendredi, ils se lèveront tôt, prépareront avec soin le matériel. Ils redoubleront de prudence, car la fatigue, cette sournoise pèsera sur leurs gestes, escamotera les habitudes. L’imposante caravane traversera avec circonspection la nationale. Se méfier des voitures téméraires, frôlant les convois à toute vitesse. Un nouveau champ. Dans le sillage de la moissonneuse, une forêt de cannes cassées et le grain doré qui remplit les bennes. Le chat s’étirera paresseusement. Les hommes penseront à ceux qui marchent dans les rues d’Orléans. Ils aimeraient en être. Devant eux les tiges s’étendent, des mois de travail et de soin. La terre ne pardonne pas ; quand elle exige, il faut se tenir là, au rendez-vous. Le 16 octobre 2009, ce sera jour de moisson. 

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02 juillet 2009

Augures

Le thermomètre tangue et vire au rouge. Dans la cour saignée à blanc, scruter un instant le vol des hirondelles rasant le sol. Percevoir distinctement la course des dés. Cahotante, incertaine. Il suffit de quelques jours. Quelques heures quotidiennes où les températures grimpent au-dessus de 30° et c’est fini, la récolte est morte.

Une dernière semaine et l’on saura la face cachée du cycle qui s’achève.

Se colleter, dans cette époque qui masque ses peurs et ses failles par une surenchère de certitudes et d’assurances tous azimuts, avec l’indécision de la réalité.

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14 juin 2009

En travaux

travaux_1Un toit d’ardoises

Des murs de briques

Des murs de pierre

Blancs

De la chaux.

Blanche aussi.

Des maçons,

Un terrassier

dix-huit regards et leurs couvercles

Un puits. 30m de profondeur

170 mètre de tubes pvc. Au moins

Un drain qui court le long des granges

Un jardinier

Des arbres gisent et brûlent

Des souches sont extirpées de terre

Une haie à l’automne et de l’herbe en septembre

Un ferronnier. Un carreleur. Des peintres du dimanche

Du jonc de mer près du plancher des vaches

Un grand duc effrayé

Une chouette

Un crapaud

Une crapaude

Une façade à auvent et une vieille trieuse

Un nom comme du vieux pain qu’on dore dans la poêle enduite de beurre avec des œufs battus

Et un peu de lait

Un four à pain

Une ferme, jadis un lieu-dit

Des hirondelles

Un bois où s’endort le souvenir des moines de l’abbatiale

Au loin, par devers le plateau, la cathédrale Saint Etienne

Un phare au milieu des orges malmenées par le vent.

travaux_2Des histoires oubliées et un récit pour une page à venir, blanche.

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16 mai 2009

Le Maître de Musique

Pour les impromptus littéraires

http://www.youtube.com/watch?v=jxM9zoTaQRE

Mr Salinat a posé une nouvelle partition sur le pupitre.

De tous les maîtres de musique que j’ai connu, il est le moins bavard. Et, paraît-il, le meilleur pédagogue. Avec lui, je fréquente les grands auteurs, de Bach à Rachmaninov en passant par Chopin, Haydn et j’en oublie. Nous avons cours chaque jeudi afin de parfaire les deux morceaux que je dois présenter pour l’audition de fin d’année. Mère considère que ma fréquentation assidue de Conservatoire n’est pas suffisante. A défaut de me voir briller à Polytechnique, elle espère faire de moi un concertiste convenable qui soutiendra sa réputation de génitrice accomplie. Et une de ses amies, fervente adepte des concerts donnés à l’Opéra, lui a dit, sur le ton de la confidence que mes doigts n’étaient pas assez déliés… et lui conseilla de rajouter Mr Salinat à mon programme de perfectionnement. Père n’a rien dit. Franck, mon parrain, qui – dit-on – dilapide en vices les dividendes de la fabrique - m’a conseillé de faire ce qui me plaisait et de suivre son exemple. Ainsi, j’apprendrai les choses de la vie.

Je ne sais pas plus ce que sont les vices que les choses de la vie.

Après avoir attentivement entendu ce que j’ai préparé, M. Salinat note quelques erreurs dans mon jeu. Des étourderies inhabituelles sur cette étude de Liszt. Il me désigne la feuille blanche. «  Que savez-vous de Thalberg ? » Je murmure : « Pas grand-chose… » Je revois le Steinway noir au milieu de la scène, le brillant concertiste directement venu de Tokyo et ma tante qui se penche vers ma mère et dit : « Thalberg… mais c’est dépassé. Savez-vous ce que l’on disait de lui à l’époque, Thalberg est le premier pianiste du monde, Liszt, le seul. Le pauvre, tant de technique et si peu d’émotion. » M. Salinat hoche la tête et me désigna la partition encore vierge d’annotations.

Après une demi-heure de déchiffrage et d’approximation, Mon professeur me dit : « Il n’y a que les sots et les sottes qui parlent de grandes œuvres et de grands hommes. Quelque soit le compositeur, une seule chose est importante, entendre la petite musique de vie qu’il a glissé dans chaque note, dans chaque rythme. Quand elle chantera à votre oreille, alors vous saurez ce que vous accomplirez pour elle, avec ou sans talent. Mais avec amour et travail. »

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09 février 2009

rectification - petite annonce

Au fait, si vous passez par Bourges et que vous êtes en disette pour votre sandwich, je vous conseille de lire ce petit article.  http://les1001vaches.canalblog.com/

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23 janvier 2009

A Paris

Je suis à Paris jusqu'à dimanche, en stage d'écriture (chouette!) avec

cnmphoto

En attenant dès samedi 9h, mon texte pour le http://samedidefi.canalblog.com/ est ( http://champsdecoton.canalblog.com/ ) :

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28 octobre 2008

Silence

demi_pauseCe blog va faire une demi-pause, de quelques semaines au moins.

En attendant, vous pourrez lire la fin des aventures de Cronos: http://rififiolympe.canalblog.com/

Deux textes paraîtront dans les fanes de Carottes en octobre et novembre et je continuerai sans doute à participer aux Impromptus Littéraires.

Pour répondre à un tag non oublié de Sébastien et Mme C 6375, je continuerai à flâner dans les blogs douceurs:

- Bel gazou, deux fois présente http://dansmonsac.canalblog.com/ et http://voleusedetemps.canalblog.com/

- Servanne http://nanarivelou.canalblog.com/

- l'antre de l'Oursonne http://oursonne44.canalblog.com/

- au fil de http://ofilde.canalblog.com/

- l'univers féérique Dourvac'h http://regardsfeeriques.canalblog.com/

Et bien sûr, ceux où je me sens en très amicale compagnie et dont je ne pourrais délaisser la visite quasi-quotidienne: Ondine, Loïs, Teb, Tilu et JessyKitty. Et Klo même si elle est absente.

Et d'autres sans doute, suivant l'humeur et le temps qui me sera imparti...

J'espère que les deux larrons ne m'en voudront pas d'avoir tant tardé à répondre à leur invitation.

A bientôt, dans un recoin de la blogosphère...

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19 octobre 2008

Rendez-vous du dimanche

Je pars dans quelques heures à Paris. Désertion. Je vous livrerai  la version longue de mon défi  mardi et mercredi le deuxème texte que je préfère mettre sur mon blog pour la même consigne.

Pour consoler Val :o) elle trouvera la suite de Miroir sans tain qu'elle avait demandée et qui est publié dans les fanes.


Dernier épisode du feuilleton du Dimanche. Cronos est coincé.

Va-t-il trouver la solution?

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DU RIFIFI SUR L'OLYMPE

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Chapitre I: Un calme olympien

http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2008/09/07/10359070.html#comments

Un matin ordinaire. Cronos s’apprête à voir se dérouler le fil des heures avec cette simplicité qui façonne sa vie. Quand au bout du chemin qui mène à sa maison aux violets lilas blottie sur l’Olympe, surgit un nuage de poussière. C’est Iris la messagère des dieux.

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Chapitre II: Livraison par DHL (Déesse Hautement Laconique)

http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2008/09/14/10362212.html#comments

Après avoir vu sa journée interrompue par l’arrivée inopinée d’Iris, cette dernière lui remet une épaisse enveloppe Kraft. Cronos l’ouvre et découvre que l’expéditeur n’est autre que le ministère.

mont_olympe

Chapitre III: Des nouvelles d'en bas qui vous font tomber de haut

Où Chronos, au terme d’une journée mouvementée, sent l’angoisse monter : il est convoqué séance tenante au ministère, pour évaluer les résultats de l’équipe olympienne.

http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2008/09/21/10414846.html

Chapitre IV: Une tribu au grand complet

Face à la menace, les Olympiens se réunissent afin de se défendre face à cette menace ministérielle.

http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2008/09/28/10732985.html#comments

Chapitre V: Un fanal dans la nuit

Où, convoqué au ministère, Cronos se rend compte qu’il n’est pas le seul à se retrouver sur la sellette.

http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2008/10/05/10414913.html#comments

Chapitre VI: Sur un banc du Ministère, et le moral au plus bas.

Bureau 404 – B03, l’entretien tourne à la catastrophe. Cronos est prié de trouvé une solution immédiate pour redresser la barre. Et redorer le blason terni de la clique grecque.

http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2008/10/12/10414934.html

Chapitre VII: Un signe de Russie.

http://fanesdecarottes.canalblog.com/

Ou pour simplifier il suffit de cliquer sur ce lien http://rififiolympe.canalblog.com/


L'ombre d'un bougainvillier

Elle serre contre elle le pack de bières. Dans le fond de sa poche déformée, elle sent le frôlement des menues pièces. Ses pensées papillonnent. Un léger souffle remue les frondaisons des eucalyptus. Elle s’assoit lentement sur le banc. La façade immaculée de l’église se découpe avec délicatesse sur un fond empreint de brumes. Elle admire pour la première fois la place d’Armes plantée au milieu des parterres de gazon, une fontaine glousse de rires mouillés. Des groupes d’enfant tournent autour, courant et sautant avec une telle vigueur que l’étrange édifice semble sur le point de s’effondrer. Néanmoins, du brouhaha de la foule endimanchée, se dégage une mélodie apaisante qui lui arrache un sourire.

Quel mois, quelle saison, quelle année ? Quelque part, dans une des nombreuses villes qui ont jalonné son errance, elle a perdu le décompte. Par hasard, elle s’est retrouvée là, à l’abri dans cet amas de maisons aux murs lézardés. Une ligne hirsute de cahutes et d’usines qui ceint la cité à fleur d’océan et de terres sèches. Elle a posé sa valise sur le béton humide des docks à la tombée de la nuit. Elle s’était longtemps laissé porter, égarée par le chagrin, de ville en ville. Son périple s’était heurté au barrage mouvant des vagues. Elle n’avait pas trouvé la force d’aller plus loin.

Est-ce l’alcool qu’elle a distillé patiemment durant des mois ? Est-ce le chagrin qui a ralenti les battements de son cœur ? Qu’importe. Le présent est devenu aujourd’hui moins pesant que le passé. Il se colore d’une joie ordinaire.

La foule colorée du dimanche se hèle familièrement, rit aux éclats. Soudain elle vient à sa rencontre. Effrayée, elle voit cette masse bruyante fondre sur elle. Elle se lève précipitamment pour échapper à cette étreinte inconsciente. L’effroi la guide dans le dédale de la ville basse. Tous semblent rassemblés en une lente procession. Un cortège endimanché et hâbleur qui converge vers les terrasses ouvertes et le vieil orchestre. Elle accélère le pas, trébuche et pousse un cri quand elle sent une main qui agrippe sa cheville. Au bout du bras décharné, un corps vêtu de haillons, un visage repoussant. Affolée, elle ne comprend pas ce qu’il murmure. Il désigne d’un geste las les bouteilles qu’elle serre contre elle. Il répète alors dans un grand sourire : « Tu es ma sœur. » « Tu es ma sœur. » Son corps mince et nerveux se ramasse, prêt à fuir quand, brusquement, elle lui tend les bouteilles. Elle se devine dans les yeux rougis par l’alcool, plus fidèles qu’un miroir. Elle sait son visage hâve, ses cheveux blonds qu’une coupe sauvage a rendus hirsutes. Sa peau a sans doute cette texture grise de ceux qui s’approchent trop près de l’ivresse quotidienne. Comme ce vieil homme, elle a égaré son nom. Ils ne leur restent qu’un sobriquet. Le mendiant de la fontaine. Elle, on l’appelle Crystal. Crystal, comme les bouteilles qu’elle vient d’offrir. En s’éloignant, elle se retourne, agitant timidement la main. L’homme ne la voit pas, protégeant son trésor.

Il est tard quand elle se retrouve devant le vieil immeuble où elle loge. Elle respire avec peine. Une fin de journée brûlante qui a vidé la ville de ses promeneurs. Et pourtant, elle frissonne sous les poussées glacées du vent. L’été se meurt, non sans panache. Son regard se trouble, des tourbillons de poussière balaient la ruelle et ses yeux pâles. La lumière crue qui s’est abattue sur la ville a viré au jaune sale. Dans la pénombre naissante, les bougainvilliers envahissent la façade et les vieux balcons de ferraille. Les fleurs vermeilles se fondent en une longue tâche rouge qui s’étend sans fin. Elle se sent happée par un flot de souvenirs. Son esprit tangue. Sa robe se plaque contre elle. Elle se sait brûlante malgré les rafales, malgré son cœur glacé.

Tout à l’heure, dans la pénombre de la bodega, elle a déjà ressenti ce vertige. José. José, ce vieil ours, laid comme l’enfer, lui a tendu son pack de bières qu’il remise au frais dans l’arrière-boutique. Et il a ajouté, avec un « c’est pour toi, Crystal » bougon, un paquet de chaussons à la viande. Elle a essuyé la timide larme qui pointait. Pas de ça.

Refugiée sur le balcon, elle s’arroge deux bouteilles. Comme tous les soirs, elle s’enveloppe d’une couverture. D’ordinaire, elle se perd en fixant la ville et les lignes de dunes et d’eaux grises qui l’encerclent. Les minutes passent alors, ne laissant que des mots dépolis et inutiles. Ce soir, son esprit est redevenu vif et aiguisé. Elle s’accroche à la balustrade rouillée, bousculée par ces images niées qui reviennent par poignées. Cette femme, cette amie, ses lèvres qui parlent sans cesse, déversant sans discontinuer des flots de paroles. Elle aurait voulu la faire taire. Elle avait senti l’envie de la gifler à toute volée, d’écraser cette bouche recouverte de fard gras. Son geste haché ne fait rouler qu’un verre de vin médiocre. Le contenu s’étale comme une épaisse tâche de sang de pacotille. Elle n’écoute plus les mots. Elle ne peut plus. Elle ne veut plus.

De lui, ne reste qu’un parfum fané. Une odeur d’herbe coupée et d’innocence. Elle le hait, aujourd’hui encore. De toutes se maigres forces. Pour les promesses éternelles qui tenaient sa vie en haleine. De désir en serment, elle s’était offerte, entière. Il l’avait prise dans les rets de ses mensonges. Il s’était bien moqué d’elle et elle avait laissé faire. Un salaud et une oie blanche. Il n’y avait rien à pardonner. A lui. Et surtout à soi.

L’humidité transperce la fragile couverture de laine. Les cerfs-volants ont déserté le ciel, chassés par la nuit et la tempête qui approchent. Quelques volets battent de l’aile. Son corps caresse le sol râpeux. L’ombre finissante des bougainvilliers la protège. Elle entend le murmure des vagues qui va crescendo. Une épaisse ligne noire, comme tracée au fusain, épouse l’horizon. Elle semble si proche, qu’elle pourrait la toucher. Elle devine que ce long tracé se prolonge jusqu’à elle. Elle est enfin arrivée. Là, où les démons meurent. Ce long chemin, toutes ces nuits sans rêves, ses jours écorchés vont s’achever. Elle le sait. Les fleurs frissonnent. L’une d’elles se pose sur sa main telle un papillon de soie.

Elle se lève, il est temps de rentrer. 

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12 octobre 2008

Rendez-vous du dimanche

Je vous livre le texte du défi du samedi, merci Tilleul pour avoir accepté que je torture ce pauvre bougre.

Je vous glisse aussi que dans le chapitre du jour des Olympiens, vous aurez droit à un scoop mythologique. Vrai de vrai d'ailleurs, j'ai mes sources. Et j'aimerais bien avoir la réactiondes hommes et des femmes à ce propos...

En passant, je vous livre le commentaire de Hom-Playboy sur certains de mes textes. "Tu vois, tu ne penses qu'à ça, tu as l'esprit dans la culotte." Meuh non. Enfin pas tous le temps et pas autant que Zeus et consorts!


Le destin des Dieux de l'Olympe se jouent aujourd'hui? alors...

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DU RIFIFI SUR L'OLYMPE

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Chapitre I: Un calme olympien

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Un matin ordinaire. Cronos s’apprête à voir se dérouler le fil des heures avec cette simplicité qui façonne sa vie. Quand au bout du chemin qui mène à sa maison aux violets lilas blottie sur l’Olympe, surgit un nuage de poussière. C’est Iris la messagère des dieux.

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Chapitre II: Livraison par DHL (Déesse Hautement Laconique)

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Après avoir vu sa journée interrompue par l’arrivée inopinée d’Iris, cette dernière lui remet une épaisse enveloppe Kraft. Cronos l’ouvre et découvre que l’expéditeur n’est autre que le ministère.

mont_olympe

Chapitre III: Des nouvelles d'en bas qui vous font tomber de haut

Où Chronos, au terme d’une journée mouvementée, sent l’angoisse monter : il est convoqué séance tenante au ministère, pour évaluer les résultats de l’équipe olympienne.

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Chapitre IV: Une tribu au grand complet

Face à la menace, les Olympiens se réunissent afin de se défendre face à cette menace ministérielle.

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Chapitre V: Un fanal dans la nuit

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Chapitre VI: Sur un banc du Ministère, en bois, et le moral au plus bas.

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Rififi au parc Igrec (Tilleul) ou la Phrase-clef (Caro_carito)

C'est l'été... Le soleil généreux darde ses rayons caniculaires...

Monsieur Pol Hisse, nouvellement élevé au grade d'adjudant, arrive, toutes sirènes hurlantes, sur les lieux de l'incident au volant de sa Peugeot de service. L'appel était clair : "grabuge naissant au parc Igrec, s'y rendre immédiatement!"

Garer sa voiture, ne sera pas un problème, pense-t-il... Avec le gyrophare, il peut s'arrêter au milieu de la chaussée... mais, plus il approche, moins il progresse... Une foule immense lui barre le passage... Il sort du véhicule. La marche n'est pas son sport favori, et avec cette chaleur ! La sueur perle déjà à son front.

A coups de sifflet stridents, il tente de se frayer un passage au milieu des badauds.

"Poussez-vous ! Police, laissez passer !" Rien n'y fait ! Il transpire à grosses gouttes...

Sa chemise fraichement repassée du matin, n'a plus aucune forme, elle lui colle à la peau.

"Laissez-moi passer ou je vous colle une amende !"

Entrainé par cette marée humaine, il recule plus qu'il n'avance...

"Savez-vous qui je suis? Je vais vous coller une châtaigne, moi si vous ne bougez pas !"

Bon sang ! Il faut qu'il arrive à se frayer un passage ! Si ça se trouve, l'adjudant-chef est déjà sur place...

******

Ouille, il sent un talon aiguille qui lui transperce le pied gauche. Et il doit être en acier trempé car ses godillots sont épais. Aïe ! Un coup de coude dans les côtes. Oups, il protège juste à temps ses parties sensibles d’une attaque félonne et esquive un coup de pied jeté des plus gracieux. Mais qu’est-ce c’est que ce bazar ? Il sent que sa tête tourne de plus en plus. Un parfum… Entêtant. Ecœurant. Affreux. Un truc à vous coller mal au crâne pour vingt-quatre heures. Identique à celui que l’on respire dans les bars à putes de la ville basse ou dans les soirées de gala au théâtre de la municipalité les jours de surveillance officielle.

Il réalise alors que la foule, qu’il avait prise pour un rassemblement d’inoffensifs badauds, était une manif en bonne et due forme, munie de pancartes, banderoles et autres éléments sonores du parfait trublion de l’ordre public. Sur ce coup, il avait été irréfléchi. Qui aurait pu imaginer le parc Igrec en lieu de rassemblements ? Avec son dédale de chemins qui reliaient des terrasses exigus et des bassins bétonnés toujours à sec, il était d’ordinaire désert.

Un parfum, mais bien sûr ! Il est environné de nanas. Il ouvre un œil puis l’autre. Des ongles s’incrustent dans sa chair. Le pincent. Le malmènent. Rester stoïque malgré leurs hurlements. Elles vont lui crever les tympans, ces hystériques ! « Arrêtez ! Mais je suis un représentant de l’état. Je dois passer ». Son cri se perd au milieu du brouhaha ambiant et d’une claque qui lui ravit son képi.

Et l’adjudant-chef ? Qu’a-t-il bien pu lui arriver ? Ces folles l’ont peut-être attaqué. Et lui qui ne se pressait pas de venir aider son supérieur, savourant, avec une tasse de nescafé fumante, sa promotion toute neuve. Il lui faut trouver coûte que coûte le moyen de sortir de ce guêpier.

Et dire qu’il n’a pas cru bon de noter autre chose que l’endroit où il devait se rendre. Il n’est même pas sûr que l’adjudant-chef lui ait fourni cette précision. Il faut dire qu’il a appris, après une année dans ce coin perdu des Landes, que la seule chose à craindre est de ne pas se conformer exactement aux desiderata de ce supérieur irascible. C’est autre chose que son ancienne affectation : un coin repus de misère… Il y avait gagné plus souvent des plaies et des bosses qu’une tomate bien mûre ou des œufs pourris à se frotter à des salariés très remontés.

Maintenant il faut qu’il se sorte de cet embrouillamini où la désinvolture de son commandement l’avait envoyé. Des femmes, que faire ? Il n’a jamais été préparé à une telle éventualité. Il se décide à réutiliser son sifflet. Damned, lui-aussi a disparu Il s’égosille : « Mesdames, laissez-moi passer, je dois.. » Mais ces paroles se noient dans les invectives et autres chansons de campagne. Que peuvent bien vouloir ces nanas ?

Au fur et à mesure qu’il se sent happée par les poussées des manifestantes, la panique le gagne. Des images délirantes déferlent. Un homme qui se fait dépecer par des femmes en furie. Les trois jours d’incapacité de Jojo quand trois forcenées l’ont agressé à coup de sac et de parapluie parce qu’il s’était laissé allé à une ou deux remarques, un peu grivoises, il faut l’admettre. Il se sent glacé soudain, malgré le soleil qui semble vouloir griller tout ce qui ressemble à un centimètre carré de peau. Il a peur. La pétoche. Plus question de penser à l’adjugeant-chef ou à la bagnole, il lui faut sauver sa peau. Et il sent que plus il flanche, plus la foule se fait menaçante, semblant se nourrir de sa peur. Enfer ! Il se rappelle avec effroi cette histoire que lui avait lue sa grand-mère, inconditionnelle du Reader Digest. Ce requin qui n’attaquait que lorsqu’il sentait la peur chez sa victime. « Pitié « » lâche-t-il dans un souffle. Il sent l’étau de poitrines, de côtes, de fesses qui se resserrent sur lui. Il va mourir, étouffé dans une manif de gonzesses. Bonjour les gros titres ! Il deviendra la risée du corps de la Gendarmerie, la honte de sa famille, de ses amis. Les louves le regardent et il voit dans leur regard la colère et aussi… Il sursaute. De la peur. Elles le craignent lui, ou son uniforme ou ce qu’il représente.

Il tente alors une dernière sortie, rassemble toutes ses forces, gonfle ses poumons à bloc et s’écrie : « Mesdames, n’ayez pas peur de moi. Ma femme dit toujours, pour rigoler ; pour ne pas avoir peur d’un homme en uniforme, il faut le mettre dans son lit et se marier avec. » La foule, surprise, interrompt sa marche en avant. Les mains, qui le malmenaient quelques minutes auparavant, se font plus douces et lui arrachent. Un bouton. Deux boutons. Jusqu’à ce que sa veste tombe à terre. Puis c’est le tour de sa chemise. Il sent son pantalon au pli toujours impeccable glisser sur ses hanches harmonieuses. Un index dessine avec précision la ligne de ses pectoraux, modelés par des séances quotidiennes d’abdominaux et la pratique assidue d’un jogging matinal. Sa cuisse droite sent une caresse circulaire de ce, non, elles n’oseraient pas ! Doux renflement. Un deuxième mont de Vénus se colle à sa cuisse gauche et décrit le même cercle avec un rythme parfaitement synchrone - et complètement excitant, gémit le gendarme embarrassé. La pression des corps qui l’entoure se fait de plus en plus douce et enveloppante. Le mouvement de la foule, un instant interrompu, reprend, rebroussant chemin. Le lent cortège finit par disparaître après avoir gravi tous les étages jusqu’au sommet du parc Igrec, entraînant en son sein un Paul Hisse, dépouillé de tout et passablement sous tension.

Un peu plus tard, à la surprise de l’adjugeant-chef et des renforts enfin arrivés sur place, il ne reste des incidents qu’un léger nuage de poussières et un uniforme essaimé un peu partout mais, somme toute, au complet.

A LA UNE

UNE EMEUTE ET DE TAILLE !

Depuis la venue de Brigitte Bardot en 1967, la Croisette n’avait pas connu une journée aussi torride ! C’est une véritable émeute qui a accompagné la montée des marches par le jeune premier Paul Hisse. Seul, car il porte sur ses solides épaules, avec un talent indéniable, le dernier Opus du réalisateur Charles Cabrol. Après avoir marqué une pause juste avant de pénétrer dans le palais, l’acteur s’est retourné vers la foule qui scandait son nom. Il a alors arraché son uniforme, apparaissant alors dans la tenue qui a fait de lui la star des vidéos X : pantalon noir moulé sur un débardeur anthracite en lycra. Provocant au passage quelques évanouissements dans le public. Car force nous est de constater que la série des Le Gendarme se déshabille dont il est le héros a peu à peu remplacé dans la mémoire collective un autre gendarme, il faut l’avouer nettement moins sexy mais lui-aussi très populaire. Pour exemple, l’opus n°6 Le Gendarme et les Sextraterrestres est en cours de réédition pour la neuvième fois consécutive !

C’est pourtant un acteur de tout premier ordre qui a reçu la palme pour son interprétation d’un héritier névrosé qui déterre avec patience tous les secrets tapies dans le sombre manoir familial. Monsieur Rocco Siffredi, vraisemblablement très ému, a salué celui qui accomplit le rêve que lui-même a un temps caressé. Elisabeth Hébert, au bord des larmes, a souligné qu’il accomplissait le destin dont rêve chaque acteur.

Impossible pourtant de percer à jour le mystère de ce jeune homme, entré dans l’industrie pornographique après avoir disparu une semaine lors d’une émeute. C’était en août 2008. Il a alors tourné ce film qui le fit connaître instantanément : Pour ne pas avoir peur d’un homme en uniforme, il faut le mettre dans son lit. Il enchaîna ensuite les succès de visionnage et de locations dans les arrière-salles très obscures jusqu’à ce qu’un réalisateur totalement inconnu, Lionel Ahn, le remarque. Le film est une réussite. Ce premier succès lui permettra de mettre un pied dans le cinéma d’auteur. Son deuxième film, toujours réalisé par Lionel Ahn, marque à nouveau les esprits et il reçoit le césar du meilleur acteur. Le succès ne se démentira plus.

Cet homme qui provoque une émeute à chacune de ses apparitions a pourtant toujours refusé de parler de celle qui déclencha ce revirement de carrière. A ce jour, le mystère reste entier.

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05 octobre 2008

Rendez-vous du dimanche

Cronos touche le fond et doit quitter ses collines ensoleillées.

Il lui faut maintenant rendre des comptes.

Quelle époque! Même les dieux n'ont plus de parachutes dorées.

DU RIFIFI SUR L'OLYMPE

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Chapitre I: Un calme olympien

http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2008/09/07/10359070.html#comments

Un matin ordinaire. Cronos s’apprête à voir se dérouler le fil des heures avec cette simplicité qui façonne sa vie. Quand au bout du chemin qui mène à sa maison aux violets lilas blottie sur l’Olympe, surgit un nuage de poussière. C’est Iris la messagère des dieux.

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Chapitre II: Livraison par DHL (Déesse Hautement Laconique)

http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2008/09/14/10362212.html#comments

Après avoir vu sa journée interrompue par l’arrivée inopinée d’Iris, cette dernière lui remet une épaisse enveloppe Kraft. Cronos l’ouvre et découvre que l’expéditeur n’est autre que le ministère.

mont_olympe

Chapitre III: Des nouvelles d'en bas qui vous font tomber de haut

Où Chronos, au terme d’une journée mouvementée, sent l’angoisse monter : il est convoqué séance tenante au ministère, pour évaluer les résultats de l’équipe olympienne.

http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2008/09/21/10414846.html

Chapitre IV: Une tribu au grand complet

Face à la menace, les Olympiens se réunissent afin de se défendre face à cette menace ministérielle.

http://fanesdecarottes.canalblog.com/archives/2008/09/28/10732985.html#comments

Chapitre V: Un fanal dans la nuit

http://fanesdecarottes.canalblog.com/

Ou pour simplifier il suffit de cliquer sur ce lien http://rififiolympe.canalblog.com/


Et aussi les textes du défi du samedi

Voici le texte auquel je dois donner suite

http://samedidefi.canalblog.com/archives/2008/10/04/10812266.html#comments

Et le mien. Des idées pour poursuivre ces aventures rocambolesques?

De la taille d’un œuf de pigeon

J’ouvre les yeux. A nouveau cette pénombre suffocante. Il me faut quelques minutes avant de distinguer un rai de lumière aussi mince qu’un fil. Je palpe le sol humide, une terre friable et collante. Des morceaux d’images se succèdent tandis que des douleurs lancinantes attaquent mon corps par vagues. Il me faut essayer de faire le vide. Fermer les yeux.

Ai-je dormi ? Je n’en sais rien. Je passe ma langue sur mes lèvres craquelées. Plus que la faim et la soif, un curieux sentiment de désespoir s’est emparé de moi. Des écorchures et une cheville attachée. Pas la moindre d’idée de l’endroit où je me trouve. Les questions se succèdent sans réponse. Je fais le tour de mes possessions, un vieux treillis, une chemise déchirée. D’épais souliers. Une barbe déjà bien fournie. Bon Dieu mais qu’est-ce que je fous ici ? Et pourquoi ?

Le temps passe et personne ne vient. Si seulement ma tête ne me faisait pas autant souffrir, j’arriverai peut-être à mettre bout à bout deux idées. Je prends ma tête dans mes mains. Elle est si lourde. Aïe ! Je sens sous mes doigts écorchés une bosse de la taille d’un œuf de pigeon.

Alors que mes forces diminuent, cette expression stupide se colle à mes pensées. Rester les yeux ouverts, ne pas sombrer dans le noir absolu. Je revois un groupe qui parcourt des forêts et gravit des montagnes. Le rire d’une femme. Le bruit des balles et une cellule, une autre à peine moins sombre. Une course à travers la jungle et… Comment vais-je m’en sortir ? Là, je n’en peux plus. Je sens des larmes amères sur mes lèvres et mon corps qui s’affaisse. Me laisser aller, c’est ça. Oublier.

J’ouvre une derrière fois les yeux et je la vois. Cette fleur, cette orchidée, de la taille d’un œuf de pigeon, rouge sang… Elle…

Posté par caro_carito à 10:26 - L'inné et l'acquis - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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