Les Heures de Coton

Des mots, des livres et encore des mots

27 mai 2008

Un faisceau horaire de retard

Pour Alex, voilà ce qu'il m'inspire ainsi que ses facéties avec sa Wii ! un clic sur une des photos et vous découvrirez:

Game over ou les chroniques de Jéthréva

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Eldordourlina

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30 avril 2008

Hommage 1ère partie

Une odeur de sapin

Ma mère avait raison. Je la déteste pour cela. Elle m’avait assenée, plus qu’il n’en fallait, des déluges de reproches. Mais, il y en avait un, imparable, qui me blessait au plus profond de moi et dont le sens était hermétique à mes pensées d’adolescente mal poussée. « Tu n’as pas de nez. » Je la revois illico reniflant tout, de la couette qu’elle époussetait, le pardessus de mon père qui rentrait du travail – « Tu n’aurais pas fumé une cigarette ou par hasard, un tour au bistrot, hein, non ? » -. Elle portait à son nez ou se penchait, suivant son degré de fatigue, sur toute nourriture déposée dans son assiette. Papa lui avait pourtant expliqué que, non, ça ne se faisait pas, de renifler le poisson et encore moins de plonger dans un potage d’asperges crémées. Rien à faire. Ma mère, en plein repas de gala ou le dimanche au flunch, jouait délicatement de ses narines pour identifier les effluves des mets qui lui étaient présentées. Je crois que Papa la détestait pour cela. Quant à moi, ma haine s’était concentrée sur sa détestable manie de traquer mes odeurs corporelles, qui je le crains aujourd’hui étaient, la plupart du temps imaginaires, et de me renvoyer dans ma chambre. Elle veillait alors férocement à ce que je m’écorche la peau de sous mes aisselles à l’eau et au savon de Marseille et que je revête ensuite des habits immaculés.

Je dois avouer que, hélas, elle n’avait pas tort. Du nez, je n’en ai pas. Mais alors pas du tout. Pour preuve… mon avant-dernier boulot. Je suis arrivée toute pimpante à mon entretien. J’avais potassé CV et motivations. J’avais passé trois heures à choisir tailleur et rimmel. Etudié l’itinéraire. Révisé mes points forts. Bref, j’étais parée. La boîte m’a tout de suite plu. Un air de neuf, de propret sur la façade, un logo étincelant. Des pelouses impeccables. Il me fallut quelques minutes pour reprendre mon souffle et pousser la porte d’entrée. Un hall clair, une jeune femme souriante qui s’enquit avec gentillesse du motif de ma venue et qui me désigna un siège. J’attrapai au vol une plaquette de présentation de l’entreprise et un magazine quelconque. J’attendis à peine quelques minutes avant qu’une femme tirée à quatre épingles s’avança vers moi. Un sourire, une présentation rapide, j’étais déjà à moitié conquise. Elle me conduisit dans son bureau où le luxe semblait combattre la simplicité.

C’est le moment où j’aurais du me méfier. C’est vrai, je l’avoue, je suis pur enthousiasme. Paraît-il c’est une qualité. En l’occurrence, dans le cas présent, c’était vraiment une erreur. J’aurais donc dû de méfier à l’instant précis où ces lèvres délicatement glossées prononçaient les mots fatidiques : « Faîtes-moi confiance… ». J’aurais dû me demander à mes classiques de venir à ma rescousse : l’instant où l’affreux Kaa, dans le livre de la jungle, fixe de son regard vénéneux Mowgli pour le croquer avidement ; car il prononce alors exactement les mêmes paroles. Pas du tout, gourdasse que je suis. Aucun signal d’alarme ne s’est déclenché dans ma tête. J’étais tout sucre, tout miel, alléché par le descriptif du poste. Quoi ! Ça arrive à tout le monde, une faille dans le disque dur. J’acceptais quelques jours plus tard l’offre de l’entreprise. Bien sûr, le salaire n’était pas à la hauteur, évidemment, on m’avait vaguement laissé entendre que les heures sup’, hé bien c’était les heures sup. et que elles n’étaient pas remboursées. J’aurais dû avoir du nez à ce moment-là. Mais rien. Toute à la joie de découvrir, mon nouveau cadre, bureau ordi, téléphone, j’étais aveugle, sourde, à tout signe avant-coureur de la catastrophe. Je ne sentais rien. Je flottais sur un petit nuage… Soit, riez, on aurait pu dire que j’avais fait preuve de l’attitude contraire d’un nez creux. Aux antipodes du bon sens.

Il me fallut peu de temps pour m’habituer à mon coin d’open space, à mes cartes de visite lustrées, aux réunions du début de semaine et à la routine des tâches hebdomadaires : brief sur les clients, résumé du cas juridique, solutions à apporter… Malgré mon titre ronflant de responsable client junior, je compris peu à peu que ce n’était qu’un travail de tâcheron, besogneux et qui avalait une partie de mes soirées. Si j’appréciais les chemises et le style à la fois recherché et décontracté de mes collègues, je ressentais derrière les sourires de façade, des luttes larvées, des coups bas, des rancœurs et des ambitions dissimulées. Un nid de vipères qui m’aurait volontiers étouffé en me faisant avaler force couleuvres. De là, de ne plus voir les troncs lisses des platanes que j’apercevais derrière la grande baie vitrée, de les confondre avec les barreaux épais d’une prison, il n’y avait qu’un pas… que je franchis comme à l’accoutumée à la vitesse de l’éclair.

Mais là où ça commença à chauffer pour mon matricule, ce fut lors des réunions de stratégie. J’y avais été conviée au bout de trois mois et demi. J’appris au détour d’une machine à café, que c’était une grosse promotion. Virtuelle car aucune monnaie ni sonnante ni trébuchante n’entra en sus dans mon escarcelle. Bref, il me fallait participer, caresser dans le sens du poil, donner des idées dans l’air du temps. Se caler dans le moule de responsable client junior, habits, pensée et comportement. Ce que je ne fis pas. D’abord, un jour, j’osai un pantalon. Par -5°C et un épais manteau de neige, cela ne me paraissait pas déraisonnable. Mais si ! Tous les serre-têtes avaient gardé leurs petits tailleurs et leurs escarpins. En plus, je souriais, je discutais, j’émettais des idées, sensées puisqu’elles étaient reprises en catimini par al suite, des objections parfois. Après tout, ils m’avaient embauchée pour m’occuper des clients indiens et, après avoir baby-sitté, conseillé, aidé dans leurs bizness, une grande partie de mes voisins dans la tour de béton de mon enfance, je m’étais évidemment familiarisée avec la langue, les coutumes de ce lointain pays... Quelques voyages à New Dehli, Calcutta, ou Madras. Le tour était joué. Bien sûr, ma formation n’était pas très orthodoxe mais qu’importe puisque mon portefeuille de clients était soigné aux petits oignons. Je devais avoir un rhume car mon appendice nasal ne vit rein venir.

Mon regard se décilla en deux temps. D’abord, une remarque émise par un jeunot légèrement pédant sur mon parfum. C’est sûr, je ne porte pas du Chanel, ni Hermès. Un petit Shalimar, épicé à souhait ou un Thierry Mugler poivré. Ensuite, la révélation eu lieu quand je vis le front de notre responsable se pencher vers moi, front marqué par un petit pli marqué entre ses sourcils soigneusement épilés de mauvaise augure. Des soucis perso et professionnels, avais-je pensé, la première fois que j’avais remarqué cette ride maussade. Elle s’adressa à moi, en pleine réunion, pour m’envoyer un flot de reproches et se moquer ouvertement de moi. J’aurais pu scruter attentivement chaque personne assise autour du bureau ovale, je n’y aurais trouvé qu’un sourire sarcastique ou un air d’indifférence polie. Heureusement, Sabrina frappa à la porte et apporta le café et un fax. J’adore Sabrina, de rose, de rouge, d’anis vêtue. Nous échangions Cosmos et Elle, bonnes adresse et régime à la noix, cochant avec soin les questionnaires de personnalité, riant aux conclusions toujours erronées des horoscopes. C’était ma copine. Et quelque chose me frappa instantanément. Ces gens-là ne connaissaient que trois couleurs, bleu marine, noir et vert bouteille. Ces gens-là ressemblaient à des croque-morts, leurs conversations en avaient l’odeur, leur jugement, leur allure. Et j’étais là, au milieu de cette valetaille et, il me fallait me rendre à l’évidence, je n’étais pas à ma place. Trop de couleurs, trop de sourires, pas assez comme il faut. Ce fut un choc. Je sentis alors instantanément tout l’hostilité qui régnait et dont j’allais plus particulièrement faire les frais. J’étais entrée dans la zone du collimateur.

Et ce fut l’enfer. J’allais chaque matin au boulot, une boule dans l’estomac. J’allumais l’ordinateur, les mains dégoulinantes de stress. Je tremblais. Mes nuits s’écourtèrent encore plus, mon esprit ressassant chacun de mes gestes. Où avais-je fauté ? La peur s’agrippait à moi dès le réveil. Je savais qu’à la moindre erreur, les remarques cinglantes me sauteraient à la figure. Inutile d’espérer un regard amical dans la journée, il n’y aurait pas même une parole neutre, simplement des mots secs jetés à la figure. Il y avait bien Sabrina, consolation bien maigre. Et ses jupes roses renforçaient encore plus mon isolement. Je m’accrochais désespérément. En vain. Le combat était perdu d’avance.

J’avais reçu en début de semaine une convocation à un entretien de fin de période d’essai. Je ne dormis pas les deux nuits suivantes. Et puis plus rien, envolé le stress. Le fardeau de mes soucis s’éloignait alors que je longeais le boulevard Gambetta. Mon regard s’accrochait aux arbres qui montraient timidement leurs fragiles pousses vertes. Il ne me restait plus qu’à tourner à droite pour entrer dans la cour à la pelouse impeccable, sertie de platanes. Je sus alors que je pénétrai dans la vallée de l’ombre de la mort. Je compris soudain. Tous, autant qu’ils étaient, suintaient une odeur de cadavre. A plein pores. J’eus un bref moment de panique, la fugace envie de prendre mes jambes à mon cou. Je levai les yeux vers le ciel étincelant et j’avançai. L’entrevue fut houleuse. Je me levai au milieu de la charge furibonde que ma responsable avait lancée. Je descendis à mon bureau prendre mes affaires et passer dire un au revoir à Sabrina. Elle me sourit et m’embrassa en me glissant : « La prochaine fois, préviens-moi, je mettrais mon waterproof. » Je souris, c’est vrai, le bleu qui dégoulinait de ses paupières gonflées n’était pas très seyant.

Je quittais sans un regard le cube aux murs ardoise. Ce n’est qu’arrivée à la place Etienne Marcel que je m’écroulai. Comment allais-je faire ? J’avais passé tout mon fric à ma mère. Elle en avait eu besoin pour assurer un enterrement décent à mon père. Elle s’était retrouvée dans un misérable deux pièces humide. Mon père, cet imprévoyant avait contracté quelques emprunts sans assurance-décès. C’est la mort dans l’âme que nous avions dû renoncer à l’héritage. Je n’avais donc pas le choix, le loyer continuerait de tomber, il me fallait un job. N’importe quoi. Inutile de passer à l’ANPE, pour cause de 35 heures, l’agence était fermée le jeudi après-midi. Je me dirigeai vers mon agence d’intérim. J’en ressorti avec un contrat, ce n’était pas Byzance mais tout ou plutôt n’importe quoi plutôt que de rester à la maison et passer de la case neurasthénie à celle de la dépression.

Je m’y rendis la mort dans l’âme le lendemain. Je me trompais de bus et arrivais avec une heure de retard. J’avais à peine jeté un coup d’œil dans la glace car je savais que ma peau avait cet aspect granuleux de papier mâché. J’avais enfilé un jean, un pull et attaché mes cheveux rebelles. L’homme qui m’accueillit semblait sorti tout droit d’une bande dessinée. Le visage émacié, les joues taillées au couteau. La taille haute qu’il ployait malhabilement. Un timide. Son costume gris anthracite lui allait comme un gant, comme sa voix relativement douce mais rien, rien, n’aurait pu réconforter la femme méfiante qui lui faisait face. Il me remercia d’avoir répondu à son offre temporaire d’emploi, me fit signer quelques papiers et m’indiqua mes horaires. Je passai la journée dans un brouillard inconfortable. Je revins le lendemain puis jusqu’à la fin de la semaine. Le vendredi matin, M. Frères me proposa de prolonger ma mission. J’acceptai.

Je venais de pénétrer dans l’entrepôt pour récupérer un drap de satin bleu pervenche quand mon cœur se mit à battre plus vite. Cette odeur de bois de sapin. Délicate. Ma main glissa le long du coffre en bois. Je sentais le bois vibrer sous ma caresse. Je pensai à M. Frères, sa gentillesse, sa sollicitude discrète face aux familles éplorées. Les mots qu’ils choisissaient avec tact. Et l’humilité avec laquelle il m’expliquait son rôle auprès de ceux qui restent. En repensant à cette prévenance tout en retenue pour ces personnes en deuil mais aussi pour moi le jour où il m’avait trouvée, éperdue de chagrin, le dos adossé à la caisse où je venais de ranger le lot n°15 d’urnes funéraires de type égyptien. Il avait su écouter. Il avait choisi les mots avec tact et j’avais senti un flot de vie me parcourir.

Accrochée au cercueil vide de bois blanc, je respirais à pleins poumon la fragrance entêtante du sapin en méditant sur cet étrange paradoxe : un cube de béton aux courbes mode et où errent des hommes en sursis et, dans une modeste entreprise de pompes funèbres, des paroles de consolation pour les âmes en peine…

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22 avril 2008

une touche de réflexion

Simone de Beauvoir, c'est aussi cette phrase que je vais chérir. Je la prends comme toutes ces phrases rencontrées, savourées pour me construire jour après jour...

"Tout sujet se pose concrètement à travers des projets comme une transcendance ; il n'accomplit sa liberté que par son perpétuel dépassement vers d'autres libertés ; il n'y a aucune justificaiton de l'existence présente que son expansion vers un avenir indéfiniment ouvert."

et plus loin "Le drame de la femme, c'est ce conflit entre la revendication fondamentale de tout sujet qui se pose toujours comme l'essentiel et les exigences d'une situation qui la constitue comme inessentielle. Comment dans la condition féminine peut s'accomplir l'être humain? Quelles voies lui sont ouvertes? Lesquelles aboutissent à des impasses? Comment retrouver l'indépendance au sein de la dépendance? Quelles circonstances limitent la liberté de la femme et peut-elle les dépasser, Ce sont là les questions fondamentales que nous voudrions élucider. C'est dire que nous intéressant aux chances de l'individu, nous ne définirons pas ces chances en terme de bonheur, mais en terme de liberté."

Je me suis toujours posé ces questions, je suis heureuse de les entendre en mots. Maintenant, il me faut chercher les réponses...

Bonne journée à toutes les femmes, (et aux hommes, si, si)

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20 avril 2008

Space opéra

juscarottes

Si pour le petit déjeuner, nous prenions un jus de carottes pour la forme...

Je vous propose  de la lecture, Fanes de Carottes, un blogzine de (science) fiction a publié depuis quelques dimanches un feuilleton à rebondissements. La fin vient d'être publiée et, comme j'en suis l'auteur, je vous convie à lire les épisodes précédents et à suivre les aventures mouvementées des héros. Je ne vous en dis pas plus. Bonne lecture.

PS: pour ceux qui s'interrogent, un space opera, quelle est donc cette étrange bête? http://fr.wikipedia.org/wiki/Space_Opera

carottes

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10 mars 2008

Un week end de 1001 vies

Ce week end, j'ai cru vivre 1001 vies, je voulais vous parler des brigands mais canalblog refuse, cette tête de mule, de mettre un de leur dessin en ligne. Si une bonne âme à une solution pour ce jpg qu'il refuse...


J'ai longtemps rêvé d'une discothèque...

Danser sur les Cure, sur Rage against the Machine, Queen, Noir Désir.

Pas de tralala. De la danse

Et aussi des entrées comme avant, pas cher

Et pas de fumée de clopes

Pas de plan drague

S'éclater avec une amie, des potes...

Mais ai-je rêvé samedi soir en me rendant chez lui, lui qui crêche dans cette zone industrielle digne des meilleurs tremplins Kro où j'accompagnais des amis musiciens, dans la banlieue de Lille?

l_archange

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26 février 2008

0800....

Quand mon coeur de guimauve part en vrille, quand il bat la chamade ce fou, cette brave petite éponge gorgée d'émotions, quand mon équilibre brinquebale, je me pose un instant.

Mais quand ça va vraiment mal, quand mon ciel s'obscurcit, perdue dans un maelström d'émotions, de pensées errantes, quand mes émotions échappent à mes mots, j'ai au fond de mon sac un n° vert, ma hotline de nanas.

Une voix à l'autre bout de la ville ou de la terre, dissemblable sans doute et attentive, vigilante à mes tristesses, une voix qui allège ma peine, soulage mes temps bourdonnantes. Les mots reviennent avec cette lourdeur familière de la glaise dans ma main.

Marguerite Yourcenar parlait de franc-maçonnerie féminine. j'ai une hotline de nanas, c'est sûr, c'est moins classe mais tellement chaleureux.

Allez voilà une petit poème...

LES P'TITES NANAS

Les p'tites nanas

ça papote au téléphone

de choses et d'autres, de tout, de rien

des kilos en trop

à perdre, à laisser

du temps qui passe

un peu gris

certains jours de leurs vies

Les p’tites nanas

tu les aperçois

à la terrasse d’un café

en bande, attablées,

étalant leurs trophées de chasse

mini-jupes en cuir, rimmel de rigueur

Les p’tites nanas

le soir sous la couette

pleurent, rient

en parlant de leurs amours qui passent

du mec d’une nuit

ou de celui de toute leur vie

et s’endorment sur leurs oreillers tous mouillés

en se repassant leurs souvenirs

Les p’tites nanas

des fois, tu en trouves une toute seule

attendant au coin d’une rue

son âme-soeur qui ne vient pas

Si fragile, regardant sa montre

N’aie pas peur

Elle aura peut-être une peine de cœur

Mais elle décroche son téléphone

et donne rancard à une de ses potes...

Et les p’tites nanas

ça papote au téléphone

de choses et d’autre, de tout, de rien

le dernier Vogue,

le dernier film d’auteur

le dernier acteur craquant

leur dernier rêve d’ado.

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10 février 2008

A propos de...

Me revoilou. Non, non je n'étais ni terrée dans un coin de jardin , (dès que je vous aurais écrit, je vais mettre mes mimimes dans la terre brune), ni boudeuse. Juste le temps file entre mes doigts. Tout d'abord et parce que je trouve que c'est sûrement un des liens qui coulent dans ce virtuel qui nous sépare: merci pour votre sincérité. C'est une qualité rare et surtout elle requiert une confiance en la maturité de l'autre... Bon je ne vais pas disgresser c'est dimanche.

Je vais  vous répondre à chacun dans ce petit texte. Déjà et je pense que Loïs avait raison, il s'agit d'une fiction, hom de ma vie lisant mon blog, je me vois mal faire un coming out sur le net si il y avait coming out à faire. Tout ce que j'écris est en partie rêvassé, réfléchi,  édulcoré ou coloré.  En fait (et loin de moi l'idée me comparer) c'est le même travail que ces sculptures taillés dans la matière: part exemple, un buste de Rodin nous parle mais entre l'homme qu'il représente et ce que nous voyons, il y a eu un petit quelque chose (ça c'est moi et ce que j'écris) ou la transformation par le biais de l'art (ça c'est Rodin et ses chefs d'oeuvre). Mais la source de l'inspiration n'est plus, elle est morte au moment où l'on pose ses yeux dessus. Donc JessyKitty, pas de blèmes ;  il n'y a pas d'indiscrétions.

J'ai mis du temps à écrire ce texte d'abord parce que je ne suis pas qq de très capable pour entrer dans ce genre d'écriture. A la base, j'aime raconter des histoires où se noient des minuscules parties de moi. Voilà pourquoi je l'aime énormément et parce qu'il me fait penser à une quête de relation absolue, primitive que l'on a et que, même si avec toute notre raison nous la savons illusoire, fait partie de "nos vieux démons". Une sorte de mythe de Sisyphe.

Antiblues, je t'envoie le texte pas de soucis, tu peux me dire le format que tu utilises car je suis sous vista. Klo, hé hé je savais que tu comprendrais mais bon on se ressemble... Et Bel_gazou, c'est drôle, ça ne me surprend pas trop non plus. Teb :) Paris je mettrais les photos au fil de la semaine, les kickers c'est top confort. Merci Dominique, muchas gracias de pasar por aqui :) Je pense que je voulais aussi dire cette insoutenable légéreté d'être quand on aime et cela au-delà de toute souffrance.

Papistache, des clés, bon la musique dans l'habitacle de la voiture c'est:

et la guipure et les dentelles des arbres c'est un peu ça:

paris0208_009

Les arbres qui longent la route tendent leurs dentelles et leurs guipures vers le niveau 7 de mon paradis perdu.

Tilu par contre l'oiseau en plein vol, je ne sais pas, j'ai mis cette photo pour le ciel pur qu'elle recélait. Mais vous savez des fois un texte peut ne pas nous parler, ça n'a pas tellement d'importance. Si déjà nos mots peuvent toucher un personne, c'est déjà pas mal non?

Bon je vais jardiner un petit peu avant de vous mettre les photos parisiennes, premier envoi. Au fait pour les photos du Moyen-âge j'ai mis les références des endroits où ont été prises les photos.

Le soleil est radieux, je vous souhaite une belle après-midi. :)

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01 février 2008

un soir, une nuit

Un repas. Un moment de partage, des rires... Une connivence.

Pas pour moi.

Les minutes passent et s'allongent, formant un ralenti que je trompe en regardant distraitement ma montre. Ont-ils vu l'ennui dans mes yeux, sans doute... Je n'ai pas réussi à dire un mot en une heure de temps. Tous se lève, un dernier verre. Non, pas moi. Un sourire plaquée sur mon visage, un bonsoir et je m'échappe dès la première ruelle, le coeur triste.

Cette solitude que je ressens au milieu des autres est comme une seconde peau. Invisible. Insoupçonnée. J'ai renoncé à dire, à convaincre, que je ne fais pas la tête. Inutile d'expliquer que je suis sauvage. Toi, impossible... Je simule une fausse attention alors que mon esprit erre à des milliers d'années-lumière. Je me calfeutre dans mes mots jusqu'à ce que la compagnie me quitte ou que je m'éclipse.

Je ne leur ressemble pas, je ne ris pas de ce qui les amuse. Au contraire, leurs moqueries me font horreur. Ce qui me plaît, je devine qu'ils le moquent. Je me sens autre, je pèse le poids de ma différence.

J'ai longtemps souffert de ce fossé. Etrange. Etrangère. J'ai appris à me soigner avec mes trucs, à coup de livres et de rêves. Je suis une bonne comédienne.

J'ai longtemps été effrayée par mon double-jeu, mon double-je. J'ai voulu me fondre dans la camaraderie de façade. J'ai jalousé ceux qui savent. Moi, je n'avais pas la clef. Et puis j'ai arrêté. A quoi bon...

Je n'accepterai plus l'invitation, je ferai l'oursonne. Je butinerai quelques douceurs par chez vous. Je poserai ma joue sur un de mes livres. Je grappillerai quelques notes de musique. Et avec ma besace pleine, j'affronterai les nuits, où tournoient mes angoisses, et les matins, où seuls mes enfants trouvent grâce à mes yeux. Le soupir de mes roses, une caresse de la fragile ancolie me redonneront du baume à l'âme...

Je survivrai.


Voilà un de mes trucs:

Avant de connaître la sphère blog, j'avais trouvé, histoire de réveiller mes neurones dès le matin, ce site http://www.nouvellescles.com/ ; et cette idée charmante, l'envoi d'une citation. Comme celle-ci:

« Toujours et jamais, c’est aussi long l’un que l’autre. »
Elsa Triolet

N'importe quelle journée, n'importe quel repas... il me faut trois mots, un bout de phrase et je suis déjà ailleurs.

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29 janvier 2008

Un procès d’intention

"Mes bien chers frères..."
Le moment fatidique était passé. Je respirais enfin à l’aise. J’allais bien évidemment écouter quelques tirades. Pour la forme.

Anna écorcherait sans doute son texte. Luc se déplacerait avec son aisance habituelle sur les planches élimées. Il surjouerait parfois. Qu’importe, les dés étaient déjà tirés Je détaillais une fois encore le décor : chaises éparses, bureaux métallisées et en toile de fond la grisaille urbaine. « Les bourgeois de Calais» en costumes anthracite et chapeaux melon. Ma dernière pièce.

J’en avais soupé des louanges dithyrambiques des gens de métiers. Je n’avais qu’à m’en prendre à moi-même. J’avais pris les acteurs qu’il fallait, la scène à la mode. Un costumier, un décorateur que tous s’arrachent. J’avais, dans ma soif de gloriole, accepté tous leurs désidératas. La presse m’avait salué comme un génie. J’étais dans tous les magazines, et comble de la célébrité, j’avais été shooté à la sortie d’un night club branché, enchâssé entre deux sirènes tridimensionnelles.

Du toc et du stuc, oui. Retour à la case départ. J’avais choisi les acteurs. Inconnus du grand public. Un théâtre anonyme. Le directeur avait été ravi de pourvoir accueillir un auteur-metteur en scène capable de lui assurer plus d’une représentation.

Fin du consensus, je voulais de la hargne, de l’émotion. Blood’n guts ! De l’Art, celui qui vous remplit à ras-bord le cœur et éveille l’esprit. C'est pour ça, non, que j'avais signé ? Je voulais plus, saisir cette fugace vibration entre scène et salle.

Et elle était là, ma loyale. Cette palpitation que j’avais caressée, snobée, jalousée chez d’autres m’était revenu. Au creux de cette salle, partagée par ces inconnus, je la sentais monter, se nourrir, s’arrondir. Fidèle au rendez-vous de l’égoïste.



Blood’n guts!  du sang et des tripes, expression favorite du lieutenant Blueberry.

Pour la consigne 62 de Paroles PLurielles

http://coumarine2.canalblog.com/archives/2008/01/23/7673997.html#comments

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27 janvier 2008

un thé, un dimanche en hiver

Il y a toute l'âme d'un inventaire du grand Jacques

                Il y a toute la chaleur d'une amitié.

photbis

A 16 heures, venez prendre une tasse de thé et effleurer les pages de nos livres-madeleine chez Kloelle...

madeleine

Posté par caro_carito à 08:28 - Divag'à l'âme - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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