13 novembre 2009
En voyage
Je loge mes voyages au creux d’un sac intissé. Lesté de dizaines de photos que l’oubli arase.
Un bagage immense qui glisse de l’épaule droite à mes pieds et que je croirai avoir oublié sur un quai de gare.
J’y glisserai une main fiévreuse. Fourrager avec avidité dans les flancs élimés et retrouver, sous le plan d’un métro plié et replié maintes fois, l’asile d’un café dont j’avais remis, une fois de trop, la visite. Je garderai en bouche le goût passé d’un expresso, bu à Venise ou à Naples. Pourvu que mes rêves se perdent dans le miroir mangé de piquetis sombre.
Le bagage éventré, jeté au sol, laissera échapper des extraits d’une vieille bande sonore, deux voix qui sourient, un soupir, une chanson qui tourne en boucle. Une menotte se glisse, le ciel assombri s’abat sans crier gare sur les promeneurs tardifs
Je réajusterai la sangle épaisse pour ne rien perdre. Le bleu fugitif dans les plis du portrait, le friselis immaculé d’un chapiteau de pierres pâles. Le vernis craquelé d’une mandarine d’octobre. Ou de ce pianoforte.
Surtout, je serrerai contre moi les pages raturés où se sont égarés un ticket de métro, de spectacle. En noir et blanc, mieux que je ne saurais jamais, elles raconteront sans défaillir : le front contre la vitre, le mauvais matelas, le plat du jour au buffet de la gare.
Je caresserai les feuilles écornées et le sceau du crayon à papier. Le mince trait qui souligne un visage, une phrase, un rendez-vous, tachera mes doigts crispés sur la poignée de cuir mat.
Je cache mes voyages dans un sac tissé de mots d’être et d’hier.
De mes lectures de voyages...
Avril Rouge de Santiago Roncagliolo http://www.booksmag.frwww.booksmag.fr/magazine/c/santiago-roncagliolo-avril-rougesantiago-roncagliolo-avril-rouge-1.html
"Je dépose la vieille montre de mon coeur chez Jean Sébastien Bach. Quand je la reprends elle est comme neuve et sonne toutes les heures." Une bibliothèque de nuages de Christian Bobin
" A la brunante, après avoir lancé dans le ciel chacun une poignée de sable - ce que nous appelions "allumer les étoiles" - nous montions dans la deux-chevaux et filions vers le village avaler des crevettes arrosées d'un vin californien fleurant l'amande et le citron vert" Un coeur rouge dans la glace de Robert Lalonde
La bâtarde d'Istamboul d'Elif Shafak http://download.saipm.comdownload.saipm.com/pdf/lire/batard.pdfbatard.pdf
" Se hunde en la sabanas frescas, apaga la luz y queda con la vista fija en el cuadrado de la ventana, bañado por la luna. El cansancio relega los sucesos del dia a un olvido profundo . Un dia como cualquier otro, un dia entre los dias, inutil a la vez que irremplazable. *" A la deriva - Cuentos Completos de Jorges Edwards
* Il s'ensevelit dans les draps frais, éteint la lumière et regarde fixement le carré de la fenêtre baignée de lune. La fatigue relègue les succès du jours dans un oubli profond. Un jour comme un autre, un jour entre les jours, inutile et irremplaçable.
E. Hopper Exposition à Milan
09 novembre 2009
En Italie,
" En faisant fuir, comme il se doit,
les pigeons de toutes les villes du monde."
et appliquant, comme tout bon filou,
le proverbe suivant:
à défaut de pigeons, coursons les mouettes....
05 novembre 2009
Sfumato
Hier fenêtre et poussières…
D’une vie sur mer
.
.
haïku inspiré par ces vers écrits en Italie.
Je rêverais d’une vie avec vue sur mer.
Comme un peintre au geste inachevé.
Scruter sans jamais fixer les dentelles d’éther,
[...]
Garder à tue-tête le roulis sec de la mer.
Devant ma fenêtre
Secouer la poussière,
Rêver à toujours le roulis sec
d'une vie avec vue sur mer
28 octobre 2009
Photos de voyage
Milan. De la nuit passée, seuls émergent des pans de quartiers interlopes et des contrôles d’identité répétés. Dans mes bagages, un dossier sur la chute du mur et l’écho à peine éteint d’autres uniformes et d’une ville grise.
Je suis déjà venue ici. De ce tour d’Italie et de jeunesse, les ors de la Scala, des ribambelles de madone con bambini et des cités de légendes, Sienne, Florence, l’éternelle Urbs de Rome ont conservé dans mes souvenirs leurs ocres et leurs vives parures. Aujourd’hui, j’entrevois un patio, des jardins dérobés. Le Duomo, ses vagues de pierres fines, son abondance sans fin de statues, d’autels, de friselis de marbre rosé.
Je vole un cliché aux enfants, à leurs questions, à leur curiosité impétueuse et harassante. M’évader une heure, une minute et laisser dériver les pensées. Est-ce ce mélange d’immeubles sculptés, d’entrées rutilantes, de ce luxe lourd et un peu daté qui me rappellent un auteur, puis deux, négligés, retournés dan les limbes du renom? Ces femmes aux regards gris, ces romans dont les phrases ont le goût des vieilles bibliothèques.
Lei scrivo da Italia
J’arrache quelques mots à mon italien balbutiant, je bute sur quelques faux-amis espagnols. Me laisser séduire par ce phrasé chantonnant. On nous indique avec patience la gelateria, face à la galerie Victor Emmanuel II. Les enfants scrutent la nuit illuminée en faisant le vœu de comparer toutes les glaces au parfum de fraise et de citron qui croiseront leurs chemins. Ils rentreront tôt en faisant fuir, comme il se doit, les pigeons de toutes les villes du monde.
Domani, dopodomani, lei scrivero ancora una volta da Italia…
17 juin 2009
En Angleterre
Les impromptus nous invitent cette semaine en Angleterre:
Ici la version courte sur leur site: http://www.impromptuslitteraires.fr/dotclear/index.php?2009/06/17/5835-caro_carito-en-angleterre
Juste après, la version longue.
Le voyant du répondeur clignotait. Elle appuya sur la touche rewind et entendit au bout de quelques secondes une voix jeune qui l’invitait à passer prendre son dossier. L’agence de voyages.
Elle déballa avec soin les primeurs achetées au marché, l’entrecôte dont on apercevait la couleur sang à travers le papier d’emballage. D’ici une heure, on lui livrerait les courses faites à l’hyper du coin. En regardant à travers la fenêtre, elle apercevait un bout de ciel brouillé et quelques grappes de cerises rougissantes. Il n’était pas quatre heures et elle ne se résolvait pas à faire autre chose qu’écouter distraitement le verbiage de la radio. Elle repassait sans cesse la scène qui se déroulerait se soir.
Installé confortablement dans son fauteuil club, il serrerait un verre de Romanée Conti de sa poigne épaisse. Son blackberry serait à l’état de veille, sur la surface transparente de la table de salon. Pas besoin de vérifier la note B5/28 (B pour Bobonne, s’était-elle interrogée à propos du classement énigmatique de son mari, 28 indiquant la semaine en cours et le 5 le nombre de mariages). De mémoire, il ferait défiler le chapelet des tâches qui lui étaient assignées chaque dimanche soir. En fin de tirade, il reviendrait à la charge : « Alors les vacances, enfin organisées ? - Je viens de recevoir le programme. L’Angleterre. » Elle ne le regarderait pas, pas plus qu’elle ne fixerait le dessin délicat de leur tapis chinois. Un éclair d’insatisfaction précèderait les mots incrédules qui sortiraient en éructant de sa large bouche. « L’Angleterre. Mais tu es folle ! Je t’ai demandé des vacances ; c'est-à-dire de l’exotisme, de la détente, du dépaysement. Tu m’envoies dans ce pays moche à souhait où il fait froid, il pleut. Franchement, comment as-tu pu penser à … l’Angleterre ?!
- Le football ?
- C’est ça, tu vas me traîner dans ce trou qu’est Liverpool, tant qu’on y est pour visiter le stade. Les banlieues miteuses, j’y ai grandi. En plus, les clubs anglais sont naze cette année. L’avenir c’est le Barça. Je suis sûr que tu ne connais que Beckham, ses piercings et sa belle gueule en foot. P… d’île où les rares femmes sexies s’appellent Camilla ou Maggie et ont un teint de placoplâtre. Et il va falloir que je parle anglais!
- Tu racontes partout que tu débrouilles plutôt bien.
- Oui, en négo, pour dire non et faire baisser les prix. Mais il va falloir que je me farcisse, la conduite à gauche et les panneaux en british. Et n’oublie pas que mes clients sont américains. Eux, ils ne parlent pas avec une pince à linge sur le nez. Et qu’est ce qui il y a à visiter au-delà du Channel ? » Elle jetterait sans enthousiasme un vague regard à la brochure colorée. Après tout, elle connaissait le programme par cœur, c’est elle qui l’avait concocté.
- Des musées, la tour de Londres. Stratford-upon-Avon, la ville de Shakespeare. D’ailleurs, une soirée y est prévue pour assister au Roi Lear dans le cadre d’un festival d’été.
- Se cailler dehors pour entendre un zombi gothique hurler « to be or no to be ». Et puis quoi encore ! Tu veux aussi que je fasse une révérence devant la Reine.»
Elle entendrait sa respiration pesante. Il ahanerait, chercherait son souffle. Il sifflerait enfin : « Je parie que je vais me taper des visites de jardins, éternuer devant des parterres de roses boursouflées qui vont me coller une allergie perfide et je ne mentionne même pas le thé à quatre heures où je vais tremper un pudding ranci depuis minimum quatre semaines avant Noël. » . Elle observerait alors sa bouche s’ouvrir pour proférer la phrase fatidique et s’interrompre au beau milieu, la voix encombrée de reproches. Cette phrase qui les avaient éloignés l’un de l’autre depuis le début de leur mariage.
« Et on mangera quoi ! Et on boira quoi ? De la pisse d’âne, là-bas il n’y a pas même de vin ! »
Elle verrait ses petits yeux s’enfoncer dans la graisse comme aspirés par un tour de vis, son double menton flageoler et une angoisse palpable secouer les plis de graisse qui drapaient sa silhouette courtaude. Il se lèvera et sortira, l’air courroucé. Renversant son verre de vin, le troisième depuis qu’il était rentré. Cinq verres de vin par jour. Il se réfugierait dans son bureau et passerait peut-être sa dose à six ou redescendrait, acceptant la trêve.
Elle saturait des tinto de la Rioja, des blancs de la vallée du Rhin, du Sidi Brahim, du Tokay, des cépages Carmenere du Chili et Chardonnay australiens, du tanin des crus de l’Afrique du Sud. Elle regarda la photo de la Tour de Londres. L’entrée n’était pas donnée. Tout comme le voyage. Entre location d’Austin martin et hôtel de charme, goûts de monsieur. Mais elle avait si longtemps rêvé de ce carême de visites de caves et de restaurants grandiloquents. Elle lut avec attention la petite note historique. Et sentit l’ombre grise de la tour, de ses murs et les silhouettes obsolètes de ses anciens habitants. Elle les verrait défiler les uns après les autres, les rois fantoches dépossédés par des reines louves, l’écho boiteux de King Richard III à la réputation défenestré par le Tudor suivant et de ses neveux trépassés, Warwick à l’âme vile et au surnom si doux, « faiseur de roi », la frêle Jane Grey et les épouses au cou offert à Henri VIII. (D’ailleurs, elle lui trouvait maintenant un vague air de ressemblance avec sa barbe courte, ses costumes à rayures colorées et ses bajoues écarlates. Et sa propension maritale également). Elle n’en pouvait plus de ces destinations bouffies de visites de caves et de restaurants grandiloquents. Elle voulait un banc en bois sombre et des solives, avec Purcell en musique de fond. Et attraper l’instant magique où ses songs and catches envahiraient un pub comme sous les Stuart. Et trinquer, à une douce période de jeûne et de carême, une bière blonde et délicatement mousseuse au col au creux de sa paume. Une seule question la taraudait encore, alors qu’elle entendait avec délice l’ouverture de Guillaume Tell sur Inter, prélude à la verve ensoleillée de Frédéric Lodéon : ferait-elle le voyage seule ou son mari accepterait-il l’armistice ?
Pour Purcell http://www.deezer.com/fr#music/album/93098
26 mai 2009
Evasion
L'emploi du temps se resserre. A peine le temps de se poser et déjà repartie. Et quand tout s'arrête, cette langueur qui vous colle à la peau comme ses journées trop chaudes qui vous surprennent même en plein moi de mai.
Caser de 18h à 20h un film désiré. Écorner la bande annonce parce que avant... il y a l'école, une ou deux administrations à recontacter, un colis à poster. Tâtonner dans le soir de la salle obscure pour éteindre le portable. Et s'enfoncer dans une Lousiane inconnue et rêvée. Abîmée .
Je suis ressortie dès que le générique de fin a déroulé sa liste interminable. Ne pas goûter au luxe de ces minutes supplémentaires pour courir récupérer les brigands. Même si demain c'est mercredi. En marchant jusqu'à la voiture, trouver que Tommy Lee Jones campait un inspecteur plutôt solaire. Ses chemises sans doute, touche amusante dans les décors plutôt rigides du polar. D'ailleurs, dernièrement, j'avais en tête le souvenir sombre de la lecture du dernier Nesbo et de son héros tourmenté, Harry Hole. Et qui était cette actrice, Justina Machado? Dans quelle série américaine avait-elle joué? Le plaisir de la VO, luxe rare en ces temps de complexe ciné multisalles.
Je vais maintenant remonter l'histoire à contre-courant en lisant le livre de James Leee Burke. A l'opposé de Mystic River dont j'ai lu l'histoire et dont l'enregistrement m'attend toujours sur le disque dur de mon dvd.
Pour la petite histoire: http://www.youtube.com/watch?v=TaBuV-CU9-Q
12 avril 2009
Une demi-pause de printemps
Palais Jacques Coeur à Bourges où les 3 brigands participent à la chasse aux oeufs...
Trois points d’orgue, trois points de suspension…
Des brigands, des textes à soi que l’on ne partage pas encore, une maison sur le point de revivre. Des vieilles pierres à redresser. Un chantier qui démarre et qui requiert toute mon attention. Un temps trop rare pour venir vous lire avec tranquillité. La mer toute proche, quelques jours encore et au loin Paris à arpenter avec les enfants.
Prendre la tangente. La vraie ou celle des mots.
Je déposerai demain à mes amies de l’Est un texte qui leur était promis.
J’édite ce jour un des textes de l’atelier Rabelais. Si vous passez par le Centre, venez à Noirlac les 30 et 31 mai pour les futurs de l’écrit, nous y dirons notamment quelques textes et vous pourrez vous laisser enchanter par François Bon et Didier Galas.
Je posterai le 20 de ce mois un conte édité en même temps sur les fanes et sur mon blog.
Je laisserai parfois un petit mot chez vous.
Ceux qui me connaissent savent comment me joindre : messageries, mails, lettres, fesses-boucq...
Liste 2
Blonvilliers - Tout le travail - Pôle de l’or - Empereur - Retouche - Silence - Sel - Dim - Route de la charité - Plastiferm - Ephèbe - Hercule - Garde corps - Yamaha 281ssii - Attache parisienne - Mozart l’opéra rock - Toshiba
Il frappait fébrilement sur son Toshiba.
- Blonvilliers, mais tu fais quoi ? Tu veux que je fasse tout le travail seule ? Réponds à la fin!... J’insère la pub sur l’Opéra Rock de Mozart ou tu as un autre article sous le coude ?
Elle entendit un vague grommèlement puis plus rien. Elle se tourna vers le dernier journaliste, celui qu’ils surnommaient Garde-corps au regard des conquêtes dont les appels à répétition envahissaient l’espace phonique du local. Comment aurait-ce pu en être autrement ? Il possédait une allure d’éphèbe, la plastique irréprochable d’un marbre antique épargné par le temps. Un Hercule, tout en muscles dorés. Le grain de sa peau serré réveillait des envies de mordre à tout être qui s’approchait de la réplique vivante d’Adonis. La statue fit mine de sortir d’une pesante correction bariolée de rouge et s’anima avec grâce. Levant la tête, il attaqua :
- Je sais que tu vas dire que je mets encore mon grain de sel. Mais, Blonvilliers, tu es sûr que l’article de l’Empereur du Brésil vaut la troisième de couv’ ?
Silence.
« Dim, dam, dom » chantonnait Carla désespérée par la nonchalance de son camarade et par son collant filé.
Garde-Corps revint à la charge :
- Je te passe que tu as « commis » un article mal fignolé. Aucune retouche. Avec des accroches qui trahissent tes attaches parisiennes plutôt qu’une insertion réussie dans la culture locale. Pour preuve, je site le peu que tu m’as offert à lire. « M. Jacques, surnommé l’Empereur etc. nous dévoile que seules deux solutions existent pour réussir sa vie : la Route de la charité ou le Pôle de l’or. » Je n’ai qu’un mot : affligeant…
Silence.
Carla s’était résolue à se taire devant l’orage qui s’annonçait. Elle s’était prudemment éloignée de ses collègues qui se jaugeaient sans plus une once d’aménité. Elle regardait à présent à travers la fenêtre. La pluie tambourinait sur la vitre mince et coulait le long des jointures pourries. Elle n’avait pas relancé Plastiferm. Pas plus que les autres vendeurs de fenêtres. Elle sursauta. Garde-corps, à bout de nerfs avait claqué la porte. Blonvilliers s’acharnait à nouveau sur son clavier. Etrangement, elle crut reconnaître le rythme d’un morceau pour flûte traversière. Elle avait oublié son nom. Elle se rappelait simplement que, cette mélodie, son fils la jouait tous les soirs sur sa Yamaha 281 ssii.
Juste avant.
Elle écrasa une larme avec la même rage qu’elle écrasait chacune de ses vingt-trois clopes quotidiennes.
Elle se fit cette réflexion définitive en se rasseyant à sa place et en sortant le dossier Mozart que, quelle que soit la route choisie, la destination finale restait toujours la même.
31 mars 2009
Idée de concours
Si vous aimez voyager, photographier, écrire, le prix George Sand organisé par le domaine de Nohant sur les carnets de voyage vous intéresse peut-être:
http://les1001vaches.canalblog.com/
22 octobre 2008
Parigi
Quelques heures sous de hautes voutes lumineuses. Discuter avec une écrivain appréciée et simplement se taire en écoutant le va-et-vient des lecteurs.
Pendant ces deux jours, le soleil éclairait la capitale de tous ses feux et la beauté des toiles de Séraphine de Senlis a laissé dans mes souvenirs une trace indélébile. Merci Klo, merci Nicole pour cette agréable moment et pour cette découverte.
j'oubliais, la lecture de Henry Bauchau m'a accompagné avec cette citation:
"Ce que j'ai fait de mon enfance, je n'en sais rien, je l'ai perdue en partie, mais il en reste des traces effilochées à tous les buissons, à toutes les ronces de ma vie."
De retour, le temps s'échappe au milieu des demandes et des sollicitudes du quotidien si vite que cette moisson se révèle non pas superflue, l'art qu'est-ce, mais simplement nécessaire.
30 septembre 2008
Ici
Un ciel dévoré de nuages de laine grise et floconneuse.
J'avais heureusement découpé un bout d'indigo et je l'ai glissé dans ma poche.
Par moment, j'effleure du bout des doigts ce souvenir au grain de velours et je retourne, quelques minutes là-bas...
si loin...
Heureusement, il y a des blogs toujours bleus...








