J’avais évoqué dans mon billet précédent le format des derniers poches parus chez points et à quel point j’avais été séduite. Le coupable de ces achats impulsifs, celui par qui tout est arrivé, est un mince essai qui dormait sur une des tables d’une librairie.

J’avais d’abord remarqué un paysage de neige parfait pour ces jours d’hiver. Le nom en lettres magenta sur la jaquette blanche m’évoquait quelque chose : un livre déjà lu, un scenario écrit par l’auteure, une interview. Un écho et une page. Il y avait aussi ce bandeau qui indiquait l’obtention d’un prix. Pourquoi pas. Une fois, deux fois, adopté, acheté.

J’ai commencé la lecture, le genre pas simple, celui où les phrases ne filent pas, n’éclatent pas en sensations, questionnements... Non, ce fut un début laborieux, empêché. J’ai pris le temps ; les livres sont comme les personnes que l’on rencontre, ou les vins que l’on aime, il leur faut l’attente.

Puis très vite, ce livre a résonné. Je ne peux pas dire le nombre de pages cornées, de passages lus relus, partagés. Dans ces heures entre lui et moi, j’y ai trouvé une universalité humaine rare et bouleversante, le lieu où l’on grandit, la langue, la mort, la souffrance, le silence. J’y ai lu deux vies ; j’y ai entendu, écouté deux voix : celle de l’auteur, celle de l'écrivaine et traductrice. J’ai suivi dans leurs mots le lien qui les unit et qui les lie en silence au lecteur.

Je n’aurais pas voulu ne pas lire ce livre.

Extrait :

« On dit que je lui ai donné ma voix en français, mais ce n’est pas tout à fait ma voix, c’est la sienne que je porte en moi, et qui existe dans ma voix pour lui, pour le comprendre et le traduire, livre après livre, et pour toutes nos conversations silencieuses »