En ce temps de confinement, Gaëlle Josse dont j'aime tant les les romans et la personnalité a proposé un jeu d'écriture sur une de ses photos. Je ne peux la mettre en ligne mais voici le texte que j'ai rédigé.

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Ses doigts épais caressent le tissu brodé. En bas, la rue et la ville tout autour se taisent. Au milieu de ses souvenirs, une voix juvénile s’élève : « Mamie, pourquoi tu ne veux pas changer ces affreux rideaux ? J’ai l’impression de les avoir toujours vus. » Comment dire à sa petite-fille qu’elle les a achetés avec lui au marché Saint-Pierre et que, parce qu’il l'a brutalement quittée, ils seront toujours neufs à ses yeux.


Elle regagne difficilement son fauteuil. Pascaline l’a appelée hier, s’inquiétant de sa santé. Elle l’a rassurée ; à 95 ans, elle ne craint plus rien. Elle n’a pas ajouté que, depuis la mort de Louis et la vieillesse qui l’emprisonne depuis des années, elle demeure confinée dans un passé que les rayons de soleil ou le cliquetis de la pluie ravivent avec tendresse.