vodka 3

Je venais de relire pour la énième fois les notes du petit. Sur le tableau le doc venait d’affichait les résultats de la scientifique et de l’autopsie.  Fissa y avaient fait les gus… Chapeau. Je me disais que 2 + 2 ça fait toujours 4 et même 2 + 3 ça fait cinq. Cinq alibis. Vu l’heure c’était pas Natacha qu’avait crevé le richard. J’aurais bien misé sur l’une des quatre aut’ poulettes. Mais à l’heure du crime, les quatre se déhanchaient sur les vidéos des caméras d’une célèb’ boîte des Champs. A croire que c’était fait exprès.

C’est là que Lola, ma stagiaire, a débroussaillé l’imbroglio. Elle est pas née de la dernière pluie, la louloute avec ses petits pulls en angora fuchsia et ses longues guibolles moulées dans des jeans made directement dans les States. Elle a sorti de son barda sa feuille de chou favorite et nous a montré sur papier glacée les poupées russes au bras du rupin bien vivant et bien en chair. Toute une tribu bien  alignée au bar du Carlton. Sauf que… elles étaient pas cinq mais 6. L’une d’elles avait décarré du domicile avenue Montaigne valoche à la main. Les cinq autres s’étaient forgé un alibi en béton armé tandis que le prince du BTP recevait ses douze bastos d’une mimine bien décidée.

Il ne nous restait plus qu’à trouver la frangine manquante, la n° 4. Pendant que les flics pistaient la blonde en cavale, mon ciboulot se mit à fumer. Et si quelques cold case dormaient au bord des rives gelées de la Neva. Je sais bien qu’avec des si on met Paname dans un litron. Mais… Ça vaudrait bien le coup d’aller taper la vodka avec mon vieux pote le commissaire Volodine pour vérifier mes suppositions. Oui un verre d’une gnôle bien frappée, transparente à souhait avec une tartoche de beluga. Surtout que je lui avais dégotté dans une foire à la bibine une bouteille bien franchouillarde qui s’appelait le Philosophe et qui titrait 70°. Je décrochai mon bigophone et j’ai souri en entendant son accent qui me chatouillait les esgourdes. Et j’ai ri quand le drôle s’est esclaffé comme une baleine. Les cognes parigots ça vaut le dépaysement ! J’ai raccroché ; j’avais plus qu’à attendre que le bigorno s’excite et que mon chef m’envoie faire mon paquetage. Ouaiche, quelques jours à l’Est, ça me rafraîchirait les idées.