Je ne dirai rien d'Anna Enquist. Avec ses livres, il s'agit toujours d'une rencontre musicale et poétique, une rareté dans la littérature. Et aussi une lecture des autres. L'auteur est écrivain, pianiste, psychanaliste. Si l'exercice de critique sociale est parfois un peu maladroit, l'évocation de la musique est si vivante, si vraie pour qui l'apprécie.

Voilà une critique d'un de ses autres livres, et puis son roman Contrepoint demeure un de mes livres de chevet :

http://lesheuresdecoton.canalblog.com/archives/2011/09/20/22103752.html


 

Comment a-t-on fait pour se désintéresser autant de la musique ? Elle-même ne peut se passer de musique, de musique « classique ». Si elle ne pouvait pas pratiquer, elle serait perdue, c’est sûr. Dans sa tête, il y a toujours un thème ou une ligne d’accords, même quand on est au travail. Les mots la fatiguent, la musique lui apporte le repose. Pourquoi n’accorde-t-on plus d’attention à la musique ? Parce qu’elle est dangereuse ? Caroline se souvient d’un scène de film sur un condamné à mort. La femme qui doit accompagner le détenu jusqu’à la salle d’exécution demande au directeur de la prison si elle a le droit de chanter une chanson pendant ce court trajet. « Non, répond-il. La musique, ça donne des émotions. On n’a pas besoin de ça ici. »

Quatuor – Anna Enquist– Babel

Une critique : https://www.telerama.fr/livres/quatuor,139335.php