C’est là

 

C’est là où tout disparaît

C’est là où le plateau renaît

C’est là où hier ils se tenaient

Ils sont ailleurs, ne sont-ils plus

 

Dans un renflement du plateau

Le fantôme d’une rivière nue

Ce nuage dormant de grues

Qui s’envole un peu plus loin

 

Un ruisseau, une blessure

Les cendres de mon père

Le soleil couchant qui marque

Comme un fer rouge, le souvenir

 

Au bout d’un bois au loin

La respiration transparente

Des oiseaux, ici ou dans la haie

Leur présence inachevée.

 

Brasse les couleurs.

Un tumulte de mottes drues

De nuages et de cailloux qui roulent

Sous nos conversations rieuses

 

Un trait de fusain d’un geste

Barre le ciel et mon visage

L’averse sur le chemin terreux

Regarde, drues sont mes larmes.

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