En attendant de mettre en ligne quelques textes écrits pendant les ateliers de l'exposition, vous trouverez un poème inspiré par le thème de cette édition 2018 : l'ardeur. Bonne lecture !


La mesure de vivre

Il faut un boisseau d’ardeur
Pour que le soleil se lève et s’embrase,
Pour que, lorsque les braises s’éteignent,
De toute cette cendre blanche
Naisse une première lune courbe.

Il faut un boisseau d’ardeur
Pour tisser les oiseaux et les nuages
De fils gris, de soie bleue, de grelots
De topaze et d’algues marines
De passe-velours, d’or, d’espérance

Il faut un boisseau d’ardeur
Pour aimer trop le matin et notre enfant
Pour embrasser à bras ouverts
L’aube de percale et les nuits de jais,
Pour tenir ta main, n’importe quelle main.

Il faut un boisseau d’ardeur
Pour fendre, chaque jour,
Une route, à la fois, droite et étrangère,
Un sextant indécis à la main. Pour un pas
Qui se joue des pavés et des traverses.

Il faut un boisseau d’ardeur
A ras-bord, tassé, arasé à nouveau
Pour faire battre ce sang que l’on veut neuf
Oui, naître, mordre, entendre, te regarder.
Je suis debout, je tomberai. Il me faut, là,
Cette pleine mesure pour résister.