Ce soir, j’ai préparé una sopa criolla (une soupe créole). Comme beaucoup de péruviens ou, comme moi, de descendants de péruviens, je suis une fan de Gaston. Alors j’ai eu envie d’une soupe, aussi consistante que celles que je dégustais à Arequipa. J’ai préparé les ingrédients et j’ai pris le temps. A 20 h j’ai battu le rappel. La soupe était chaude et épaisse quand je l’ai versée dans nos quatre assiettes. Elle embaumait la maison d’odeur d’aji et d’oignons roses ; elle était savoureuse.

Alors que nous mangions tranquillement en cherchant à reconnaître les ingrédients soigneusement mêlés, dehors le vent soufflait. Il décrochera sans doute encore quelques tuiles. Les assiettes vides, il y a eu cet instant où la faim s’apaise, où le corps se réchauffe. La béatitude aurait dit le paternel s’il était encore parmi nous.

Puis l’homme a sorti la mousse au chocolat qu’il a préparé pour faire plaisir à son fils. Il a été cherché Ginette comme il dit et a un peu modifié la recette. Chacun a pris sa cuillère, a goûté religieusement. C’était délicieux. Il a ensuite expliqué comment il avait fouetté délicatement les blancs. On s’est tous interrogés comment améliorer les saveurs des deux plats. Il y avait comme un saint silence au Pain perdu.

Ce soir, nous étions chez Ginette et Gaston, un repas trois étoiles, et tout ça sans thermomix. Simplement avec les vieux ustensiles et le plaisir de voir le bouillon être à point, les oignons transparents. Ajouter juste là maintenant la pointe de cumin ou le beurre – une demi-noisette – dans la mousse. 21 h un lundi, il était temps de plier les gaules... 

 

et puis l’homme nous a servis un gin tonic parfait. Dehors l’hiver faisait rage.

 

Gaston Acurio chef emblématique du Pérou et l'incontournable Ginette Mathiot. La recette (l'originale est sur fesses-de-boucq) https://www.youtube.com/watch?v=GwHnrlWeL8I