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"Notre centre nautique, comme la mairie l’appelait pompeusement, était une piscine Tournesol, en forme d’igloo moderne avec des hublots. Sa structure permettait, quand le temps était beau, d’en ouvrir une partie au grand air. Le tout ressemblait à un vaisseau spatial, typique des années 1970. A l’intérieur surtout, l’impression d’architecture futuriste était saisissante, avec ses grandes arches métalliques coulissantes et sont centre tout rond, hypnotisant les nageurs qui faisaient la planche. Elle a été détruite depuis, comme la plupart de ces piscines construites à la hâte, dans un grand élan national."

Arrêt sur image. Je revois sans peine la piscine près du Cora, moderne comme les engins volants qui envahissaient certains livres jeunesse. Mais ce n’était pas mon quartier, trop éloigné ; je passais juste devant. J’allais à la vieille piscine près de l’hôpital, en face de l’hospice. Elle avait dû être belle et moderne avec sa façade et sa disposition art déco. A mes yeux d’écolière, elle paraissait aussi étrange et un peu effrayante avec ses cabines qui s’ouvraient sur le bassin et ses deux plongeoirs. Je la trouvais un peu sale ; elle n’était sans doute que vieille.

Le roman Le Premier été – Anne Percin – Babel dont est tirée la citation d’entame a eu ce don de me faire revenir dans le passé. La bande son, étonnante pour un livre, semblait prendre vie, me ramenant à des heures adolescentes, à leurs émois, à la solitude étouffante, à ce que ces années prédestinent ou pas de nos devenirs. Le tout servi par une écriture subtile qui ose un je tout en sensibilité.

Un livre que l’on met de côté, en surlignant le nom de l’auteur. Et on se fait une joie du prochain roman de l’auteur que l’on lira. 

"Il venait d’apprendre la raison à grands coups de pied dans le cœur. Les leçons de courage sont des leçons de cruauté."