Plutôt que de me joindre à tous les vœux véhiculés par le net, le courrier (un peu moins), les sms dès minuit et peut-être des mots accompagnés de bises claquantes et pétillantes, je vous livre mes engouements livresques de 2017, espérant que l’année nouvelle soit aussi douce côté lecture.

  • La catégorie coup de cœur compte sept opus – un titre hors catégorie (essais), un recueil de prose poétique, trois romans et deux polars.

D’autres couleurs d’Ohran Pamuk chez folio. Une compilation de textes passionnants, un livre épais que j’ai lu en deux ans. L’intelligence, le sens de l’histoire, la facilité à croquer des personnages, l’intérêt du propos, il suffit de lire son discours lors de la réception de son prix Nobel pour saisir qu’il s’agit d’un Grand de la littérature. Depuis, les quatre heures au théâtre de Neige n’ont pas démenti mes précédentes lectures.

Una novelita lumpen de Roberto Bolaño chez debols!llo. Une découverte ¡ Je n’ai aucune idée de la valeur de la traduction française mais en espagnol, quel style ! Hâte de découvrir le reste de l’œuvre.

Un doublet pour Gaëlle Josse et ses deux ouvrages De vives voix chez Le temps qu’il fait et Un été à quatre mains aux ateliers henry dougier. Je salue le choix des éditeurs mais surtout j’ai éprouvé le même plaisir de lecture qu’en découvrant cette auteur, charmante, sensible et éprise de musique avec les heures silencieuses.

Yamabuki de Aki Shimazaki chez Babel. Que dire… c’est un bijou. L’auteur a su ralentir le temps et introduire dans une langue dépouillée, une palette infinie d’émotions.

Une relecture avec l’excellent Brunetti et le mauvais augure de Donna Leon chez Points. Une reine du polar dont j’ai lu trois autres polars dans l’année. De toute façon, une escapade dans la Sérénissime se refuse rarement.

Et une de mes dernières lectures mais quel cadeau ! Cœurs glacés de Gunnar Staalesen chez folio policier. Rien à dire, suspense, personnage, intrigue, personnages dans un de ces pays du Nord aux atmosphères opaques. Et dire qu’il m’en reste plus d’une dizaine à lire et que j’ai découvert les éditions Gaïa au catalogue prometteur.

  • Je serais plus brève pour la catégorie suivante, les excellents. Je citerai en poésie Errances de mon ami Fabrice Deprez aux éditions du Contentieux dont les poèmes ont la sensibilité, l’humour et la profondeur que l’on espère ainsi que la compilation des auteurs belges publiée par Espace Nord – ô combien foisonnante !

Je compte trois titres hors catégorie à nouveau (essais et lettres), deux romans dont le bouleversant la maladroite de Seurat et enfin onze polars avec le très noir Poids des morts de Victor del Arbol, le retour de Elizabeth George, une escapade stambouliote avec Markaris, entre autres.

Errances – Fabrice Deprez – Les éditions du Contentieux / Piqués des vers ! – Colette Nys-Mazure & Christian Libens – Espace nord / Lettres à Cézanne - Rainer Maria Rilke – seuil / Tsubaki le poids des secrets – Aki Shimazaki – babel / Sable mouvant – Henning Mankell – Seuil / La maladroite – Alexandre Seurat - Babel / El peso de los muertos – Víctor del Árbol – booket / L’empoisonneuse d’Istanbul – Petros Markaris – Points / Brunetti entre les lignes – Donna Leon – Points / Le cantique des innocents – Donna Leon – éditions Club / Le Marchand de sable - Lars Kepler – babel poche / La faiseuse d’anges – Camilla Läckberg – Babel noir / Snjór – Ragnar Jónasson – Points / La ville des morts – Sara Gran – Points / Le lagon noir – Arnaldur Indriðason – Points / La Piste noire - Åsa Larsson – le Livre de Poche / Tant que dure ta colère - Åsa Larsson - le Livre de Poche / Une avalanche de conséquences – Elizabeth George – Pocket

Bilan 2017 : polars 34 - romans 26 – recueils de nouvelles 4 – poésie et prose poétique 5 – hors catégorie 3 – biographie 1. Avec seulement trois abandons de lectures, tous des romans...

On notera le nombre de polars, de très bonne facture. J’avoue avoir un jugement plus dur envers les romans et la poésie. Je retrouve de vieux auteurs, comme de vieux amis, Gaëlle Josse, Rilke, Åsa Larsson, Arnaldur Indriðason ou Åke Edwardson, j’ai su apprécier la cuvée japonaise, je suis demeurée fidèle aux auteurs du Nord comme à ceux du Sud. Des envies de mieux connaître certains écrivains m’accompagneront en 2018. Bref je sais que ma soif de lecture sera étanchée. J’imagine donc bien déposer quelques billets lecture notamment côté polar.

" Chaque histoire de vie, chaque destin possède se trous noirs, ses terres d’obscurité et de silence, ses creux et ses replis. On devine parfois qu’ils bourdonnent d’essentiel, comme l’écrivait René Char. On devine qu’en leur secret, derrière le rideau, se sont joués des moments décisifs, dont les harmonies continuent à irradier la vie, longtemps après." Un été à quatre mains – Gaëlle Josse — ateliers henry dougier

voeux 2018 caro