On croit se souvenir de tout, au moins des choses importantes. J’aimerais le croire, que l’essentiel, les grandes lignes, les rendez-vous à marquer d’une pierre blanche se trouvent invisibles à mes pieds. Un coup de baguette, comme dans cet autre conte,... et je pourrais puiser un souvenir.

Ce n’est pas vrai. J’écoutais une interview l’année passée et je me suis, à l’instar de l’artiste invité, souvenu de cette chanson. J’étais au lycée, j’étais fan de Prince et j’écoutais en boucle cette mélodie. Et puis j’ai oublié, j’ai quitté ma ville et l’enfance qui y était attachée. La réentendre et s’approcher de cette période a fait jaillir une émotion pâlie, étrange, floue, un autre soi, pas totalement étranger mais presque. Rien à voir avec une quelconque madeleine.

Je me demande si j’oublierai à nouveau cette chanson. Pourtant il neige en ce mois d’avril, il suffit d’écouter le souffle de la peine, dans ces notes tout comme dans la musique nos vies. Voir ce monde qui n’en finit pas de scarifier son âme. L’ami qui a mis fin à ses jours, terrible nouvelle quand je revois sa joie de vivre. Ainsi l’incertitude bat son plein, jours indéfinis, mémoire entre deux eaux… nous quelque part ballottés ici et là.


Tubes and Co par Benjamin Biolay : "Sometimes... par franceinter

Je ne sais pas pourquoi la vidéo a été effacée mais dans l'interview vous retrouverez la chanson...