Une douceur d’été s’est attardée sur le Pain Perdu. Prémisses de vacances. Ados ou invités s’attardent, rient, passent une nuit ou deux, partent, reviennent. Je lis dans la chaleur du jour que l’hiver a fait ses valises et qu’une timide légèreté s’installe. Je sens balbutier cet apaisement niché dans le renversement de saisons : là où l’esprit repousse l’hiver et ses ombres et où il s’attarde sur les saisons neuves et claires. Matins froids parfois, nuages, fractures indigo.

Ce matin je lirai des poèmes et j’écouterai quelques morceaux d’Indie folk. C’est Pâques, et si je décide de m’attarder au dehors, attentive à tout ce monde qui renaît, arbre, oiseaux, champs, je pourrais peut-être entendre les anciens dieux, les nouveaux dieux et les faux dieux converser ensemble.

Il lui arrive de connaître la tranquillité. Dans le cloître de la Chiesa Santa Maria delle Pace, peut-être. Dans le fouillis des vagues revenantes. Dans un entre sommeil fragile…

Il sait la vie urgente. Rien d’autre. Est-ce pour cela qu’il revient chez lui ? Cocon de pierre percé de fenêtres.

La douceur qu’il désire, la douceur aurait des agates en guise de prunelles, des paupières de pétales et la largesse émouvante d’un souffle d’enfant endormi.

Cette vie-là ferait signe

Paroles pour voyageur -Hugues Corriveau – éditions du Noroît.

17904171_10155190502186460_1335744970289706381_n