Gerhard Richter - 1987 - Pommiers Peinture à l'huile

C’est un printemps qui s'amorce, une bribe, un espoir. Dans l’air, une douceur dont je m’étais déshabituée, toute à un hiver impassible. Brouillard dru, matin que l’on gratte les doigts gelés, nuit courte malgré la pluie d’étoiles. Soir ou matin, tout le jour parfois, cette pâleur devant qui tous et tout se figent. Ou un azur si coupant que je vous confierai bien qu'il est né de Borée.

Et puis… ce matin-là, tout tranquille. Un bleu qui se débat au milieu de nuages effilés, le silence de l’enfant. Le temps se détricote et s’affole. Une fois passé ce soupçon d’anxiété, avancer dans la journée ; garder en poche un morceau de la lenteur de l’hiver.

 

Gerhard Richter - 1987 - Pommiers