Les événement violents me sidèrent toujours, celui de mercredi sans doute plus encore, car il m'a rappelé certains souvenirs collés à ma mémoire, un séjour dans ma famille au Pérou. La vague terroriste du sentier lumineux avait déjà entraîné la terreur et le couvre-feu et tant de morts.

Une vague d'informations et d'émotions telle que l'on ne sait plus quoi dire, ni quoi faire. Dans ce déferlement, j'ai beaucoup apprécié l'intervention de Bernard Pivot. Ce dernier rappelait que, enfin, le pouvoir exécutif parlait de culture. Qu'enfin, sa nécessité évidente ne posait plus question. En même temps, il déplorait qu'il faille des morts pour constater le nombre de coups qu'elle recevait depuis plusieurs mois. Cela m'a rappelait notre ministre de la culture et son peu d'intérêt pour les livres. Pas que ne pas lire Modiano me gêne mais penser que des réflexions écrites puissent remplacer la réflexion induite par un livre, au moins quelques-uns sur deux petites années, je demeure sceptique. Je parcourais ensuite des articles sur cette vision particulière de l'action d'un ministère de la culture et un interview qui ne me rassurait pas plus.

Alors, jeudi matin, très tôt, pour ceux qui sont morts debout, connus ou pas, j'ai écrit cet haïku.

afp

Combat truqué

 

Des notes, des news, des dépèches AFP

                                   un vers d'Eluard

La ministre est KO assise.

photo tiré de l'acte de naissance de l'AFP - article de slate.fr

Je pensais à Liberté de Paul Eluard et plus précisément cette strophe : Sur toutes les pages lues / Sur toutes les pages blanches / Pierre sang papier ou cendre / J’écris ton nom.

Bonne année à tous, je vous souhaite de continuer à écrire, à lire, à réfléchir, à dire des c... grosses comme nous et à changer. Et j'ai aussi beaucoup aimé la réflexion lapidaire de Walrus sur son billet extrapolation.