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Ketil Bjornstad L appel de la rivièreL’appel de la rivière – Ketil Bjørnstad

Retrouver Alex. Retrouver sa solitude, cette lenteur qui s’attache à sa vie. Le décor n’a pas changé depuis la dernière page de la société des jeunes pianistes, une même lumière, une même incertitude qui semblent coller à la ville et au héros. Et toujours le thème principal qui unit ou désunit chaque personnage, la musique, la passion que l’on peut éprouver pour elle, ou que l’on a pu éprouver pour elle, que l’on a côtoyée à travers un proche. Le questionnement du choix devant un avenir incertain, la mort tout aussi omniprésente que dans le premier tome. Les émotions comme un don qu’un simple morceau peut offrir, l’amour qui ne cesse de renaître sous diverses formes. Oui, derrière la musique, la mort, presque aussi opaque que la vie.

Et sans doute est-ce le décalage entre un narrateur qui revient sur son passé et le fait qu’il n’offre que quelques indices fugace qui rend ce livre magique. J’ai ressenti avec acuité une lecture de l’intérieur, une lecture presque assombrie puisque j’étais juste là, à côté d'Alex. Sentir battre ses peurs, ses espoirs, ses amours, ses déceptions et par moment, à travers un unique dialogue, percevoir le regard que posent les autres personnages sur lui. J’ai aimé ses rêves, qui donnent un accent de vérité à ce pianiste étranger à nos vies et qui me le rendaient familier. Il est vrai que je retrouve les romans scandinaves une finesse de plume absente ailleurs : capter les hésitations, les pensées de quelqu’un et l’inclure dans la trame d’une histoire.

J’avoue, j’ai hâte, hâte de les retrouver, ombres disparues et pourtant si présentes, silhouettes bien vivante comme Rebecca. Retrouver la ville, retrouver les notes, un concert, un disque joué le soir, une bouteille de vin débouchée à côté. Hâte de lire le troisième tome…