challenge-Des-notes-et-des-mots-4Dans le cadre du challenge, des notes et des mots, de Anne....

 

 

 

 

control

J’avais conservé ce film diffusé sur Arte sur le disque dur, attendant un soir tranquille où j’aurais l’esprit assez éveillé pour plonger dans les années 80 et la vie de Ian Curtis, l’emblématique chanteur de Joy Division.

Les critiques, élogieuses, m’avaient donné envie de voir ce long métrage à l’époque de sa sortie. Et puis, évidemment, il était à peine passé une semaine au cinéma de la maison de la culture avec, évidemment, des horaires impossibles. Je l’avais rangé dans la liste inépuisable des sorties cinéma manquées, celle qui voisine à côté des livres que je ne lirai jamais et des mille choses que je souhaite d’accomplir et qui ne resterons qu’à l’état diaphane de désir et de rêve.

Et puis, Arte l’a programmé un soir. Enregistrement, mise en attente. Il y a une semaine nous l’avons regardé ensemble hom et moi. Moment particulier puisque Joy division appartenait de facto à l’univers de mon adolescence. Même si j’ai toujours aimé les musiques latines et le funk, j’assume un côté plutôt rock et une grande influence new wave et surtout cold wave. Adolescente, je me réfugiais dans cet univers aux mélodies sombres et lancinantes, les danses étranges, la rythmique obsédante. Je me rappelle très bien cette cassette grise avec écrit en rose ou orange sur l’étiquette, Joy division, juste à côté de celle de Jesus and Mary Chain.

Dès les premières séquences, ce film m’a plu. La façon particulière de poser un décor : le détail des uniformes scolaires, la ville esquissée sans pathos excessif avec ces maisons aux façades identiques, une grisaille qui colle à la pellicule sans effacer le propos. L’univers littéraire du héros interprété avec finesse, mais aussi l’intériorité évidente de celle qui deviendra sa femme. Des seconds rôles qui accompagnent le récit, l'enrichisse sans l'alourdir. Car le film n’est pas centré sur le succès fulgurant du groupe, mais sur ce chanteur fragile et taciturne qui ne parvient pas à gérer ses choix et leurs conséquences, pris dans une logique de succès qu’il ne maîtrise plus et qui l’écorche. j'ai toujours cette crainte dans les biopics, de me retrouver devant une histoire complaisante qui n'apporte rien, la crainte de visionner un documentaire de seconde zone.

Mais non, on y trouve la justesse de jeu des protagonistes, les échos d'une musique qui semble être la respiration lente et en souffrance d’une époque. Surtout ces instants où la caméra ralentit et s’immobilise, où le film dépasse le récit en capturant un visage, un moment fugace, empli d’une souffrance ou d’un questionnement si fort qu’il nous saisit. Au-delà de la qualité de la narration, effleurer l’émotion d’une époque et sentir que la musique n’est pas simplement un élément d’un chart à la mode, mais l’écho, la voix d’une ville, d’une identité sociale, d'un groupe, au final d’une existence.

C’est un film lent et d’une rare intensité, j’ai encore en mémoire certaines images. Un étrange retour aux sources. Juste après, un extrait d’un des passages du groupe à la télé, un extrait du film vous remarquerez la ressemblance frappante de l’acteur avec Ian Curtis et allez un petit bonus, un de mes morceaux si ce n’est mon morceau préféré de l’époque. (pour voir le film en espagnol ou en anglais c'est ici)

Un extrait de she's lost control 1979

Extrait du film Disorder

 

Le bonus....