Une poignée de paille jetée au vent. Les dernières moissonneuses-batteuses traînent encore, dernières remorques qui cheminent vers la coop. La voiture file, saluée par une haie de tournesols. Rouler encore alors que le vent caresse la plaine.

Il souffle encore, bourrasques chaudes qui balaient les murs blancs. Le ciel se charge de nuages et de soirs brûlants. La plaine est dépouillée. Seules quelques tours sentinelles veillent. Rectangles de paille au détour d’une colline. Un pivot immense dessine un rond de maïs et d'eau qui rappelle que l’infini s’apprend d’abord dans un exercice de géométrie. Entre deux pentes qui s’épousent, les bouchures forment l’esquisse d’un parallélogramme.  Réviser sa géométrie sur les lignes et les courbes des champs.

La moisson a effacé les lignes des sillons, un fouillis de tiges raides et jaunes qu’il faudra déchaumer, une terre nue à décompacter. Enfin, accrocher le rouleau au tracteur pour un dernier tour. Déjà les semis.

Le soir, se perdre dans un firmament essaimé d’étoiles, l'aura des villes n'existe pas ici. Tranquillement, relier un point à un autre, retrouver aisément la Grande Ourse. Peut-être le petit chariot. Surprendre une étoile filante, puis une autre. Deux vœux, deux secrets scellés par la nuit.


Une pause jusqu'en septembre...

En attendant, un clip vidéo que Janeczka a concocté à partir d'un texte que je lui avais envoyé.

Et un texte, inspiré par une photo prêtée par Patrick Cassagnes et dont je vous avais parlé, que vous retrouverez ici sur les champs de coton : Sens Interdit.