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Je sors un billet roulé en boule de mon porte-monnaie que je tends à un Olivier ou un Jean-Baptiste, j’ai entendu son prénom un jour et j’ai oublié. Je prends les quelques pièces, Télérama… et Elle. C’est vraiment l’été.

Les vacances se sont lentement installées. Il n’y a plus qu’un reste de course contre la montre, ces horaires qui vous poursuivent et dans lesquels parfois je m’égare. Reporter à demain ce qui n’est pas urgent. Oublier de dresser une liste ou oublier la liste.

J’ai posé le magazine pour femmes, ce truc dont d’ordinaire je ne regarde même pas les Une accrocheuses. Celle-là est corsée ! Je feuilletterai ça plus tard, je m’étonnerai de l’avoir lu en si peu de temps, moi qui épuise avec difficulté mes Muze, Sciences humaines et Books habituels.

Je regarderai même avec attention les photos de mode, jetterai un coup d’œil sur les prix et calculerai illico l’équivalence en nombre de livres. Ai-je jamais été une vraie fille, de celles qui aiment le shopping et parler d’hommes ? De celles qui savent tout des stars et des marques de mode. Jamais ou si peu à la surface, une fille des jolies choses que l’on peut porter, du rouge à lèvres ou juste un peu de fard parce que cela vous donne un soupçon de sophistication.

Je lirai Elle dans le transat, sous le parasol, dans le silence du Pain Perdu. Les hirondelles traceront leurs rondes incessantes, le chien noir dormira dans l’ombre chaude. Le chat disparaîtra pendant des journées entières.

Je tournerai les pages, en lisant du bout du regard. Ce sera vraiment l’été.