Il suffit d'un rayon de soleil...

Ouvrir la porte et s'en aller, happée par un peu de lumière.

maisonsaamsterdam

Je viens d'achever un long texte qui m'a ramenée des années en arrière ; j'ai revu en souvenir des ciels gris qu'auraient pu peindre un Van Dongen ou un Ruysdael.

Et maintenant, j'ai juste envie de partager un poème et d'évoquer un poète dont les mots ont toujours eu pour moi une saveur particulière.

 

 


 

Les mûres Francis Ponge

Aux buissons typographiques constitués par le poème sur une route qui ne mène hors des choses ni à l’esprit, certains fruits sont formés d’une agglomération de sphères qu’une goutte d’encre remplit.

                             

   Noirs, roses et kakis ensemble sur la grappe, ils offrent plutôt le spectacle d’une famille rogue à ses âges divers, qu’une tentation très vive à la cueillette.
   Vue la disproportion des pépins à la pulpe les oiseaux les apprécient peu, si peu de chose au fond leur reste quand du bec à l’anus ils en sont traversés. 

                                    

   Mais le poète au cours de sa promenade professionnelle, en prend de la graine à raison : « Ainsi donc, se dit-il, réussissent en grand nombre les efforts patients d’une fleur très fragile quoique par un rébarbatif enchevêtrement de ronces défendue. Sans beaucoup d’autres qualités, — mûres, parfaitement elles sont mûres — comme aussi ce poème est fait. »


Et puis, Francis Ponge tel quel, une page web intéressante.