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The Rose – Mark Ridell

Je désirais voir ce film depuis très longtemps. Je n’ai que de très bons souvenirs des classiques américains. Sans compter d’excellent échos.

Et c’est vrai, c’est un grand film. Malgré les couleurs qui datent, j'ai été sensible à une véritable délicatesse dans la manière de filmer. La caméra transpose avec justesse la passion qui brûle le personnage de Rose sur scène, dans ses relations avec les autres mais sait aussi capter toute la détresse du personnage. L’énergie déborde de l’écran. Alan Battes que je ne connaissais que vieillissant dans Gosford Park a ce regard bleu électrique lorsqu'il veille ou surveille sa chanteuse.

Au final, le film s’éteint et pendant quelques minutes j’ai repassé dans ma mémoire les scènes de concert. Étrange de voir cette foule qui chante, hurle, applaudit, qui me rappelle que j’en ai aussi fait partie, bien plus tard, pour d'autres groupes, de me  souvenir à quel point j'ai apprécié ces moments. Effleurer la démesure qui semble aller de pair avec une existence de star, la sensation presque folle de monter sur scène, d’être adulée. Que peut-on ressentir dans cette peau-là,  face à ce public qui vous adore, ces fans qui aimeraient être vous, ce tourbillon ? Cette vie sur la route, sans autres jalons que les salles de concert, les stades, les hôtels, les aéroports. Enfin, il y a l’impression étrange d'être spectateur d'une époque disparue bien avant que j’aille courir les discothèques. Sex drugs and rock’n roll. Un autre monde… dont on retrouve parfois l'éclat des paillettes.

Bette Midler bien sûr. Bien sûr...