« Je lui serrai la main. Il ouvrit sa valise, en sortit sa partition qu’il plaça sur le lutrin, ainsi qu’une bonne dizaine de paires de baguettes en tousbaguettes genres qu’il disposa sur une petite table recouverte de feutre, à sa droite. Il tira vers lui le xylophone, deux cymbales suspendues de tailles différentes, cinq blocs chinois et plaça sur la table, à côté des baguettes, une panoplie de plus petits instruments. Il prit une paire de baguettes et fit quelques mouvements pour vérifier que tous les instruments étaient à sa portée et bien disposés, puis il parcourut rapidement la partition, sans doute pour s’assurer que rien ne manquait. Toutes ces opérations ne lui avaient pris que deux minutes à peine. Ses gestes étaient précis, assurés et rapides, les accessoires étaient disposés sur le feutre dans un ordre parfait, rien ne semblait avoir été laissé au hasard. On voyait bien que Tremblay était un percussionniste chevronné. »

Le joueur de triangle – Nicolas Gilbert