19 juin 2009
Défi 65
Depuis la consigne du http://samedidefi.canalblog.com/
Attaquer là où le bât blesse...
Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage. Il dormait à côté de moi, ses longs cheveux blonds emmêlés. Je savais que si je remuais d’un millimètre, son corps brûlant se collerait à moi. Je m’étais maquée avec lui parce que c’était un aventurier, le gars qui fait le tour du monde à vélo, escalade un versant schizoïde de l’Annapurna et affronte les vagues d’Hawaï pour se déstresser. Après une soirée chez Véro, éclairés par la vodka blanche et quelques passes épicées, nous nous étions promis une balade jusqu’au-boutiste à travers l’Europe jusqu’à flirter avec les nations Baltes, la Macédoine et qui sait la Russie. Illico, j’avais mentalement préparé un bagage léger et décidé de ne pas ouvrir le moindre guide pour goûter à des horizons vierges de toute pensée.
Hier matin, il est arrivé au volant d’un vieux fourgon. Matelas à l’arrière, réchaud, mini frigo. Il y avait même des panneaux en papier de soie ornés de quelques calligrammes. Un trip feng shui. Et un abat-jour festonné. Quand il m’a proposé de faire un tour pour m’essayer à la conduite de l’engin, il ne me fallut qu’une seconde pour deviner que le plan terres dénudées était mal barré. Il avait soigneusement attaché ses mèches oxydées par le large en un catogan impeccable. Son T-Shirt noir n’était même pas froissé. Je respirais un bon coup en allumant l’embrayage. La voiture ne toussota même pas et réagit au quart de tour. Je me sentais mal. Vu sa mine tendu alors que j’enclenchais la première, les dents serrées par le mal au cœur, je lui donnais deux ans à peine avant une visite mensuelle chez le coiffeur, une amorce de cravate et un monospace diesel. Il ne pipa mot alors que je roulais quelques dizaines de mètres en oubliant sciemment le frein à main. Qu'importe, j’avais perçu la tension qui le vrillait, corps et esprit, sur son siège parsemé de boules massantes.
Patience. Hier, j’ai repéré un plot opportunément masqué par un platane qui s’encastrerait à merveille contre le pare-choc avant droit. Ajouté à une ou deux rainures et quelques rires intempestifs pendant nos séances de bête à deux dos et je devrais en être débarrassée avant la fin de la semaine.
Juste à temps pour profiter des dégriffés solo de dernière minute de lastroutardvoyage.com
Commentaires
Oh.....
Je suis scandalisée !!!
User de pareils artifices !!!
Caro !!! noooooonnnnn, pas toi ;-) ;-) ;-) !!
Je vais te faire "le regard" !!!
Bisous amusés
Décidément tu m'enchantes de plus en plus :o)
ne pas etre déçue,refuser le tiéde,mettre un frein avant qu'il soit trop tard....c'est ce qu'on devrait toute faire non ???dans l'idéal ?
Dis donc, la dame là, c'est une sacrée bourrique.:D
Elle pouvait dire non, non?
Oh, j'adore ce coté coquin, cette nana aux idées claires (malgré la vodka blanche), ce sens du détail qui tue.
Bisous moustiques et soleil bleu, Caro.
Oursonne
En te relisant, j'ai encore souris... Il est super ce texte!
Teb, rho la mauvaise foi...
Loïs, je prends ce compliment et je le garde, précieusement.
Tristale, oui, mais j'écris mieux l'iédal que je le vis. Je m'accommode...
Berthoise, là tu tues l'histoire...
Merci Oursonne. La vodka a un versant réaliste...
grand plaisir à relire ce texte
tiens là tu me fait penser à la mauvaise foi de mon chat !!!!
Merci pour le sourire.
Bisous et doux week -end
Le chat, nous avons pris son côté félin. J'espère...
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