Les Heures de Coton

Préambule ou avant qui de l'œuf ...

HD

Avant d’attaquer le premier plat, nous allons faire un tour avant le Brexit en terres anglaises pour évoquer le plus célèbre œuf chantant : Humpty Dumpty.  

J’ai dû apprendre cette chanson quand j’avais à peine 7 ans et je dois encore m’en rappeler le début. Elle était si étrange cette histoire pour gamins, quel autre pays pouvait divertir ses enfants avec une histoire d’œuf cassé ?

Hier encore, j’ai eu un aperçu de l’étrange humour anglais et de leur brio en assistant à un concert du ukulele orchestra of Gran Britain. Se rappeler soudain l’excellence de leurs musiciens, classiques ou autres. Ressentir un pincement au cœur parce que, sans eux, pas de rock. Pas de Constable ou de Turner, pas de Ken Loach, ni de mariages et d’enterrement, de Monty Python, de polars brumeux et je m'arrête là. Brexit, c’est un mot tellement moche… Ils ne faisaient pas tellement européens, c'est vrai mais l'Europe, sans, eux, est-ce vraiment l'Europe ? 

A noter que les places se sont vendu tellement vite qu'une deuxième date a dû être ajoutée et ils ont eu une "standing ovation" absolument incroyable.

Posté par caro_carito à 10:33 - Commentaires [4] - Permalien [#]


Au commencement était l'œuf

Je crois que je vais m'inspirer d'un de mes livres de recettes et des œufs, pour jongler avec les mots.

Voilà je revisite ce blog. J'alternerai, parfois, ou des histoires d'œuf ou des histoires de livres qui m'ont plu.

Enfin pour un temps indéterminé car ce ne saurait en rien être une résolution. ;)

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Jacques Prévert, Paroles, « La grasse matinée ».


Il est terrible
le petit bruit de l'œuf dur cassé sur un comptoir d'étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim

[...]

l'homme titube
et dans l'intérieur de sa tête
un brouillard de mots
un brouillard de mots
sardines à manger
œuf dur café-crème
café arrosé rhum
café-crème
café-crème
café-crime arrosé sang !…
Un homme très estimé dans son quartier
a été égorgé en plein jour
l'assassin le vagabond lui a volé
deux francs
soit un café arrosé
zéro franc soixante-dix
deux tartines beurrées
et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.
Il est terrible
le petit bruit de l'œuf dur cassé sur un comptoir d'étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim

Posté par caro_carito à 21:22 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

En passant

Un Goncourt. Pourquoi pas ?

Donc, je n’ai pas ouvert un Goncourt de l’année, dans l’année, depuis très longtemps. Cette année, un proche me l’a passé, intéressé par une autre lecture. Je l’ai lu, je l’ai fini, je l’ai apprécié. Il me semble bien avoir lu un autre titre de Jean-Paul Dubois. Lequel, je ne sais pas et je n’ai pas pris le temps de réveiller ma mémoire encombrée de pas mal de bouquins.

Donc j’en aimé la lecture, très agréable avec des pages légères comme un poème, une belle construction, des personnages tranchés et attachants. Une musique présente, avec ce qu’il faut de relief au propos derrière l’apparente facilité de lecture. Oui, je peux dire que, à mes yeux, c’est un très bon livre, que le prix est mérité, que je chercherai d’autres romans de l’auteur. Que sans doute je chercherai à écoute un enregistrement de l’auteur, tiens pourquoi pas dans cette grande libraire que je ne regarde jamais. Surtout j’ai savouré la fin, comme une revanche, comme un bonheur en entendant un écrivain savoir dénoncer tout en fiction ce que l’on aimerait tant qui soit énoncé à haute voix.

Et vous, si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ?

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Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon – Jean-Paul-Dubois – Editions de l’Olivier

Posté par caro_carito à 18:03 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

Géographie revisitée façon Caro *

Demain, j’acquiers une petite maison. Pour moi et pour les fils. En ville. Avec un jardin, suffisamment d’espace et de lumière pour poser mes livres et un bout de vie. Dans le quartier dont j'ai rêvé depuis que je connais l'ancienne capitale de Charles, l'opulente cité des Bituriges.

Je me dis que cela fait trop longtemps que je n’ai pas déménagé. Je le sens au tri des livres que je suis en train de faire. Comme si chaque carton de bouquins des piles entassées dans un coin de ma chambre s’était endormi là. 80 cartons, des vies en fait. Des existences rêvées, adorées, comme autant de strates qui se sont posées entre pensées et divagations.  Un de mes professeurs m’avait dit à 20 ans tu as l’air d’avoir vécu mille vies ; j’en avais lue tant et plus, et j’avais vécu la mienne avec cette intensité décuplée des lecteurs qui font tinter la réalité des jours. L'intensité chevillée à l'âme.

Je quitte le Pain perdu en sachant que je ne le laisserai pas plus que je ne l’ai fait pour certains lieux de mémoire. Il est des endroits qui vous habitent plus que vous ne les avez habités.

Je pars. Je quitte. Je ferme une porte sur un de mes passés mais finalement cela fait tellement de temps que j’attends cela. Cette quiétude, ce ralentissement qui s’est déjà emparé des derniers mois. Que je veux.

Je devrais donc m’occuper de mes cartons et ne pas être là à écrire.

Les cartons attendront.

Je devrais organiser, trier, aplanir. Machiner comme on dit par ici.

Je suis lasse. Lasse des papiers, des listes que je ne fais plus, que j’ai jetées aux orties. Des mois que j'empile des tracas administratifs sans fin.

Bah... Ça se fera, cahin-caha. A la va comme je te pousse.

Si vous me demandez, non je n’ai pas hâte. Je n’ai pas de nostalgie non plus. Ce déchirement a eu lieu il y a… belle lurette

Là je suis en translation. C’est ça, je chemine d’un point à un autre. Et il me semble que le point de départ est aussi intangible que le point d’arrivée. Tant mieux. C'est grisant.

Ma vie est redevenue étrangement pleine, perméable à l’espace qui m’entoure, sa beauté, avec une intensité qui était hier en pointillé, je le sens. Respirer. C’est fou comme ça fait du bien.

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* et pas façon l’horrible - le honni - l'archétype moderne - l'avatar de l'opportunisme - le rejeton de la civilisation du vide, de la consommation et de la communication réduites à leur plus simple impression : mononeuronale, et encore je suis gentille -  le symbole même de la vacuité qui tient haut le pavé - encore plus détestable que celui dont le portrait traîne dans nos mairies. Bref cherchez dans google celui qui en plus - horreur - est élu de Ch'Nord dans une équation du temps que Potter ou Batman lui envieraient. Vous le reconnaîtrait à son sourire faux, à son bégaiement  lorsqu'on le contrarie, à sa peau suante quand il plastronne dans les sunlights de la gloire éphémère qu'il affectionne : cet individu zéro.

 

Posté par caro_carito à 20:33 - - Commentaires [12] - Permalien [#]