Les Heures de Coton

Il est temps

de me sauver à nouveau.

 

Je vous laisse avec les vers de cette magnifique poétesse qu'est Andrée Chedid, extrait de "textes pour un poème".

 

UNE FENÊTRE OÙ SE PENCHER

Je ne crois plus aux naufrages.
Il y a un masque bleu au fond de tous les puits ;
Les porteuses de pain se succèdent,
Les vies se souviennent d’autres vies.

Il restera toujours une fenêtre où se pencher,
Des promesses à tenir,
Un arbre où prendre appui.

Quelque part existe le visage de notre terre.
Qui nous dira son nom ?

Posté par caro_carito à 23:48 - - Commentaires [8] - Permalien [#]


fin d'année

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On court, on se précipite. On sourit puisque les jours sont à peine un peu plus long, mais quand même. Et parfois, il suffit de penser au temps d'avant. 

Une pensée pour vous en espérant que la fin de l'année vous sera douce.

Caro

Posté par caro_carito à 19:15 - - Commentaires [18] - Permalien [#]

Clap de fin

Sans tapage aucun, est venu le temps d'un nouveau départ, d'un départ tout court.

Je pourrais faire durer quelques temps cet échange mais... Une nouvelle vie arrive, une nouvelle page blanche s'est posée devant moi et déjà l'envie de tracer une phrase, une autre est là. Ce demain inconnu est déjà là et il prend toute la place. 

Et puis l'envie d'écrire plus long, de manière plus solitaire sans doute. Je passerai mettre un mot, si le temps, ce principe si volatil, le permet.

A tantôt.

 

clap de fin

Posté par caro_carito à 19:31 - - Commentaires [17] - Permalien [#]

Un duo de rentrée

Saviez-vous que les hommes qui bavent ne mordent pas ? En tout cas, cette maxime méconnue va rythmer un duo endiablé entre les blogs presquevoix et celui des heures de coton.

Il vous suffit d'un clic pour pouvoir lire mon texte intitulé No pasarán

Il vous suffit de lire un peu plus loin pour faire connaissance avec Romuald, une rencontre orchestrée par Gballand.


Romuald - Gballand 

L’expérience lui avait prouvé qu’« un homme qui bave ne mord pas » et Romuald était de cette espèce, c’est tout au moins ce qu’elle voulut croire.

Elle l’avait rencontré dans un petit bal de province. Il était si emprunté, qu’aucune des femmes présentes n’avait accepté son invitation à danser. Aucune, sauf elle. Les cas désespérés l’émouvaient.

En valsant dans ses bras, elle avait remarqué qu’un petit filet de bave coulait à la commissure de ses lèvres. « L’émotion », lui avait-il dit en surprenant son regard. Ce détail lui sembla si touchant qu’elle l’invita chez elle.

Romuald était représentant en chaussures chez Toutcuir ; un représentant raté pour un négoce en perte de vitesse, avait-il résumé.

-          Pourquoi les chaussures ? Lui avait-elle demandé.

-          Les chaussures sont le reflet de l’âme.

Lui revinrent en mémoire les chaussures de Romuald, plus qu’usées, mais elle ne fit aucun commentaire.

Romuald était un perdant magnifique. Son parcours de vie – raconté en long et en large dans l’intimité des draps blancs -  aurait déprimé n’importe qui. Mais lui ne semblait pas en être affecté. C’était son destin et il l’acceptait sagement.

Le mois qui suivit leur rencontre, elle le transforma des pieds à la tête. Ses chaussures, ses chaussettes, ses slips, ses chemises, ses pantalons et ses vestes furent remisés à la cave. Mais quand elle voulut changer sa coiffure, il refusa net. À bout d’arguments, elle lui dit.

-          Je renonce.

-          Merci, répondit Romuald.

-          Tu préfères que je te quitte ?

-          Je ne sais pas… peut-être, dit-il d’un ton las.

Romuald retrouva ses chaussures avachies, ses chaussettes trouées, ses slips XXL, ses vieilles chemises à carreaux, mais il garda le dernier complet qu’elle lui avait acheté.

« En souvenir de toi, ma chérie. » murmura-t-il en  suspendant le costume à la tringle de sa penderie. Ensuite, il s’affala en travers du lit et soupira, satisfait : « Enfin seul ! ».

 

 

Posté par caro_carito à 07:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]



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