Les Heures de Coton

L'heure du duo

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Une photo de Pastelle comme point de départ de ce duo entre les blogs de presquevoix et des heuresdecoton.

Au passage, sur le blog de Pastelle, vous pouvez voir en ce moment des très belles photographies d'amour et de cage en écho à cette jolie balade de Alex Beaupain, l'amour en cage

 


 Vendredi 15 février, l'illusionniste de Caro est en piste depuis 7 h 00.

L'illusionniste

Tout est prêt.

C’est simple, la salle s'est vidée des deux stagiaires, et de Leïla et de Tom. Oui, tout est prêt. Les flûtes sont alignées sur le bois brut de la salle de réception Delaunay, la petite, sans doute parce qu’il s’agit de Sonia et non de l'autre Delaunay, Robert. Les petits fours et le champagne sont au frais. Les artistes exposés relisent leurs notes ou se foutent de leurs discours. Les huiles, les pique-assiettes, les habitués, les branchouilles, les sincères s’apprêtent, avant de prendre le tram, le métro, Uber. Cela signifie que Lui se prépare à quitter définitivement ce lieu qu’il dirige de main de maître depuis quinze ans, traversant l'époque sans paraître être abîmé par les revirements politiques de l'Etat sous tous ses avatars : coups bas, médisances, trahisons. Toutes les saloperies que son statut d’artiste, de directeur, d’homme en vue, de célibataire, suscite autour de lui.

Tout est prêt pour la dernière exposition à laquelle il appose son nom. [...]

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Journal parisien

Parfois Paris me manque. Encore plus que Lima la grise. Il y a deux choses que je n'ai trouvé nulle part ailleurs, un anonymat tranquille et les banquettes cramoisies des troquets où l'on boit un café, ou l'on boît un verre. Est-ce que, dans mes vraies jours de solitude, dans une ou deux dizaines d'années, je ne retournerai pas au Nord. Peut-être..


Premier jour. C’est un soir. Les garçons, un beaujolais, un Saint-Amour. Les fils, sereins, joyeux, merveilleux fils. Bonheur d’être une mère, encore plus que lorsqu’ils avaient un an, deux ans, sept ans, douze quinze. Grands, doux. Intenses. Différents. Revoir un bout de passé, le saluer en étant heureuse d’avoir quitté les chemins battus. Prendre la ligne D. Passer par Villeneuve-Saint-Georges. Penser aux « Fauves ». Le soir, écouter de la musique, lui presque gamin et moi.

Deuxième jour. Se lever et en ouvrant les rideaux défraîchis et précaires, apercevoir la ville gelée. Maisons type meulière, jardinets, toits blanchis. Sur le rebord des bouteilles de bières dépolis, reste de fêtes, de soirées, de parlotte. Partir jusqu’au Marais dans le sillage des fils et enchaîner les vendeurs de fripes. Se gorger de la ville. Se gorger des enfants, de leurs passions, de leurs bêtises, de leur affection. Le soir siroter une bouteille avec des amis. Les quartiers étincelants à nos côtés. Soupeser l’époque et ses emportements, réchauffer l’espoir à notre amitié. Et rire de cette pub désuète usb-wine.

Troisième jour. Ecrire. Silence des dimanches que l’on finit par désirer, plus vieux. Le froid piquette ma peau. Rejoindre une amie, discuter et puis, parce qu'il insiste en souriant comme lorsqu'il était petit, aller à Montmartre, grimper les escaliers abrupts. Des peintres anciens toujours neufs. La guerre, la Commune, tout un pan d’histoire sous les jolies villas. Trouver une librairie merveilleuse. Rentrer, revoir les amis, rire ; le temps a peut-être passé mais il n’est pas vraiment là. Il ne pèse pas, il n’existe pas.

Quatrième jour. Une lune dévorée avant l’éclipse promise. Plus tard, observer le brouillard qui écrase la ville. La croquer en noir et blanc, presque duveteuse. Partir, les sacs à la main. Voir l’une, voir les autres. Surprendre de beaux visages, charme de la peau porcelaine, de l’abandon d’une fille aux larges hanches, et si éclatante dans ce métro, de la masculinité de cette fille en combinaison de travail près de Jussieu . Dans ce café on sert de la Chouffe. Métro en panne. Chemins parallèles. Marcher. Voler ces mots « Tu sais que demain il neige ? » 

 21 janvier 2019 - Convention

CHABOUTE - les chats dans la ville de Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'auteur - Chabouté - https://www.danielmaghen.com/fr/christophe-chaboute_d862.htm

Posté par caro_carito à 21:27 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

lecture en cours

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"On s'était juré de vieillir sans être adultes. Il n'a tenu que cinq ans. On s'était promis n'avoir jamais d'enfants, pour ne jamais, jamais devenir raisonnables. Il a tenu sa promesse, mais il a oublié pourquoi, parce que de la raison, à ras-bord, il en a, j'en suis éclaboussée."

Les Mains gamines - Emmanuelle Pagano P.O.L.

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janvier

C’est là

 

C’est là où tout disparaît

C’est là où le plateau renaît

C’est là où hier ils se tenaient

Ils sont ailleurs, ne sont-ils plus

 

Dans un renflement du plateau

Le fantôme d’une rivière nue

Ce nuage dormant de grues

Qui s’envole un peu plus loin

 

Un ruisseau, une blessure

Les cendres de mon père

Le soleil couchant qui marque

Comme un fer rouge, le souvenir

 

Au bout d’un bois au loin

La respiration transparente

Des oiseaux, ici ou dans la haie

Leur présence inachevée.

 

Brasse les couleurs.

Un tumulte de mottes drues

De nuages et de cailloux qui roulent

Sous nos conversations rieuses

 

Un trait de fusain d’un geste

Barre le ciel et mon visage

L’averse sur le chemin terreux

Regarde, drues sont mes larmes.

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Posté par caro_carito à 17:21 - - Commentaires [8] - Permalien [#]