Les Heures de Coton

La mémoire est une donnée incertaine

On croit se souvenir de tout, au moins des choses importantes. J’aimerais le croire, que l’essentiel, les grandes lignes, les rendez-vous à marquer d’une pierre blanche se trouvent invisibles à mes pieds. Un coup de baguette, comme dans cet autre conte,... et je pourrais puiser un souvenir.

Ce n’est pas vrai. J’écoutais une interview l’année passée et je me suis, à l’instar de l’artiste invité, souvenu de cette chanson. J’étais au lycée, j’étais fan de Prince et j’écoutais en boucle cette mélodie. Et puis j’ai oublié, j’ai quitté ma ville et l’enfance qui y était attachée. La réentendre et s’approcher de cette période a fait jaillir une émotion pâlie, étrange, floue, un autre soi, pas totalement étranger mais presque. Rien à voir avec une quelconque madeleine.

Je me demande si j’oublierai à nouveau cette chanson. Pourtant il neige en ce mois d’avril, il suffit d’écouter le souffle de la peine, dans ces notes tout comme dans la musique nos vies. Voir ce monde qui n’en finit pas de scarifier son âme. L’ami qui a mis fin à ses jours, terrible nouvelle quand je revois sa joie de vivre. Ainsi l’incertitude bat son plein, jours indéfinis, mémoire entre deux eaux… nous quelque part ballottés ici et là.

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Pâques

Une douceur d’été s’est attardée sur le Pain Perdu. Prémisses de vacances. Ados ou invités s’attardent, rient, passent une nuit ou deux, partent, reviennent. Je lis dans la chaleur du jour que l’hiver a fait ses valises et qu’une timide légèreté s’installe. Je sens balbutier cet apaisement niché dans le renversement de saisons : là où l’esprit repousse l’hiver et ses ombres et où il s’attarde sur les saisons neuves et claires. Matins froids parfois, nuages, fractures indigo.

Ce matin je lirai des poèmes et j’écouterai quelques morceaux d’Indie folk. C’est Pâques, et si je décide de m’attarder au dehors, attentive à tout ce monde qui renaît, arbre, oiseaux, champs, je pourrais peut-être entendre les anciens dieux, les nouveaux dieux et les faux dieux converser ensemble.

Il lui arrive de connaître la tranquillité. Dans le cloître de la Chiesa Santa Maria delle Pace, peut-être. Dans le fouillis des vagues revenantes. Dans un entre sommeil fragile…

Il sait la vie urgente. Rien d’autre. Est-ce pour cela qu’il revient chez lui ? Cocon de pierre percé de fenêtres.

La douceur qu’il désire, la douceur aurait des agates en guise de prunelles, des paupières de pétales et la largesse émouvante d’un souffle d’enfant endormi.

Cette vie-là ferait signe

Paroles pour voyageur -Hugues Corriveau – éditions du Noroît.

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Printemps des poètes 2017 - sixième jour

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Sur les portes de Babel, j’ai gravé ma faim. Le poème
Est un enfant qui rêve ; c’est la grâce nourrie au lait.
Il est ville en Babel, Babel en ville. J’entends siffler
Les balles au-dessus de mes oreilles.

L’éclair invente-t-il une rime qui s’escrime à vaincre la Beauté,
À la convaincre de rester ? Mais où donc ? La terre est dévastée.

Ville vouée aux fantômes, ville vouée à l’aplomb du temps ;
Ville dévouée aux chiens, un sanglot pourfend mon âme.

 

Où est passé le soleil clair des fleurs, le rose des avenues ?
Où ai-je enfoui ma misère ?

Nimrod - Babel, Babylone

 

 

 

© Olivier Roller - http://olivier.roller.free.fr/nimrod.html

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le temps d'un duo

et nous quittons les rivages africains de la poésie.

Duo de mars donc et gageure car la chanson inspiratrice est une ritournelle d'une gaieté folle. Pour retrouver nos deux rengaines, une seule adresse sur le web, chez Gballand : 

- pour tout de suite, de ma plume, le beau Serge 

- demain... celle de Gb, la décision

 

Posté par caro_carito à 22:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]