Les Heures de Coton

Tempête ? lecture...

grondhal

Les complémentaires – Jens Christian Grøndhal – Folio

Refermer un livre et soupeser son poids, les heures que j’ai passées avec lui, la force de certaines phrases, sa capacité à m’avoir enlever de l’endroit où je me trouvais plage, livre, salle d’attente, train, pour me faire découvrir des vies parallèles.

Le style peut m’enthousiasmer, je suis toujours sensible à la mélodie des mots, la force d’une entame de paragraphe. Un caractère peut me séduire. Le thème même du roman peut m’interpeller, son scénario.

Ils sont rares les livres dont je garde des traces, cicatrices qui deviendront invisibles et qui, parfois, se rappelleront à moi. Parce qu’ils parlent d’éléments intangibles de nos lignes de vie. Parce qu’ils demeurent en écho.

Avec Grøndhal, c’est toujours le même scénario. La lecture démarre, lente, posée. Les personnages apparaissent, on devine leurs contours à travers une anecdote, un pan de passé. Les événements ont lieu, anodins. Pourtant, à l’instant de fermer le livre, alors que je pense, « un bon livre ? », il résonne et c’est fini, je suis accrochée. Comme là, pour les complémentaires.


Extraits :

"La peinture et son monde devinrent un espace imaginaire où il y avait enfin de l’air et du calme, où personne ne s’imposait avec ses pleurs, ses silences et ses myalgies."

"Son histoire tue emplissait les pièces et il devinait les ombres des inconnus derrière les portes entrouvertes. Un grand-père, une grand-mère et un oncle qui n’avait pas eu le droit de tenir un cartable dans sa main."

"Il lui arrivait de marcher la pluie au milieu des parapluies et des passants sans qu’il ne passe rien de particulier, mais il ne sentait plus libre que jamais, plus en phase avec son corps en n’étant qu’une ombre sur le trottoir luisant."

"C’était absurde, elle avait voulu un enfant, mais elle n’était pas préparée à la disponibilité totale qui était exigée. Pour finir, elle ne pouvait pas ouvrir un livre d’art ou regarder un carnet de croquis sans sentir l’amertume du renoncement. Zoé était un enfant étonnamment bruyant et ses cris perçants, aux moments les plus sensibles de la journée, faisaient l’effet d’une vrille qui la transperçait, et qui trouvait sans cesse de nouveaux endroits à perforer. Tout contenu, toute personnalité la quittait goutte après goutte au point qu’elle se sentait comme une poupée creuse et sans poids, la parodie d’une mère heureuse."

"Il y a des choses que l’on sait, se dit-elle, mais que l’on sait seulement une fois que l’on se trouve de nouveau confronté à elles, bien des années plus tard."

Et aussi, résumé  ici :

Les complémentaires - Jens Christian Grondahl

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Posté par caro_carito à 17:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Sur haut de ma PAL

J'ai toujours apprécié les romans épistoliers. J'ai pris par hasard ce livre à la libraire des volcans à Clermont et l'ai lu au printemps. Prise de choix comme toutes celles qui m'ont séduite dans cet antre du bon lire.

On trouve dans cette recherche du passé un petit côté désuet. Les lettres laissent échapper le fil d'un hasard que nous suivons avec curiosité. Un style plein de finesse qui épouse l'évolution des relations, une intrigue qui ne se laisse pas voir, des personnages attachants pour certains, nous prenant à rebrousse-poil pour d'autres. 

J'ai été happée par ces lettres qui laissent place à la tension et à l'émotion, à ce temps qui s'écoule sans être pressé, à ces  vies qui se font cruelles quand elles se croisent. Le rappel aux photos anime avec bonheur le côté formel d'un échange épistolier. Une belle lecture, une belle langue. Un très beau premier roman. Un livre que je classe sans peine dans les bonheurs de cette année.

Extraits :

« Tu vois, Jean, tu mets des enfants au monde, tu te bats pour eux, tu essayes de les rendre courageux, tu comptes sur eux. Et tu constates en définitive, que ces hommes dont tu as tenté de faire des êtres droits sont exactement comme nous. Toujours en train de trouver mille et une bonnes raisons de ne pas affronter le désordre qu’ils ont semé. »

Nous ne saurons jamais si son geste était volontaire ou pas. Elle aimait la vie, plus et mieux que les autres, mais la vie l’avait éteinte à bas bruit, avant de la décevoir pour de bon, et de la trahir.

eux

http://www.arlea.fr/Eux-sur-la-Photo

Posté par caro_carito à 00:06 - Commentaires [5] - Permalien [#]

Lectures

Depuis quelques mois, je lis plus, je note des citations, je grave leur passage dans ces heures volées au quotidien.

garconniere

J'accuse un sérieux retard alors je commencerai par le dernier lu, la garçonnière d'Hélène Grémillon chez Folio. Je l'ai pris par hasard dans une librairie et ce fut une belle lecture, un script qui tient la route, une fluidité dans l'écriture où j'ai vu briller quelques belles phrases. Une fin un peu échevelée mais plaisante et non convenue. Surtout une belle finesse dans la captation de la dictature argentine. Et le rappel discret de la détention de Miguel Angel Estrella.

Un lecture plus que plaisante dont voici quelques phrases choisies.

"Eva Maria fait partie des usurpateurs de chagrin d’enterrements. Ceux qui ne pleurant pas le mort qui repose en face d’eux, mais la mort qu’elle leur rappelle, ou celle qu’elle leur fait craindre."

"Tu es pire qu’un guerillero, parce que avec ton sourire et ton piano, tu ais croire à la negrada qu’ils ont le droit d’écouter Beethoven. Tu es un traître à ta classe, Beethoven est pour nous."

"La douleur ne peut s’apaiser tant que règne la colère."

 

Posté par caro_carito à 23:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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P7050976

Posté par caro_carito à 10:49 - Commentaires [8] - Permalien [#]