Les Heures de Coton

Hier...

J'avais écrit ce texte il y a quelques années, je crois. Là, la version audio. La photographie est de PAC, qui a l'art de savoir donner un autre relief à un texte. Et une photo de By Sangui, qui semblait faite pour le texte.

Le thème de cette micronouvelle : en attendant... publié dans Lu si... 8

 

PAC : http://blog33pac.canalblog.com/

By Sangui : https://www.facebook.com/bysangui/

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duo de juilletistes

Revoilà notre duo autour de cette phrase : " longtemps je me suis douchée de bonne heure "

J'ai pour l'occasion retrouvé Xilos Népomucène, héros des contes de la Frange. Son aventure est à lire sur le blog de Gballand : extrait du journal de bord de X. N.

 

Le texte de Gballand a des airs de Marcel Proust, quelle que soit l'heure, retrouvez le en un clic : la douche.

Bonne lecture

Posté par caro_carito à 07:45 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

Phlox

J’aime les fleurs surtout les phlox, leur têtes faussement arrondies, leur grâce. Ils dominent les massifs et pourtant, magnanimes, ils se penchent avec délicatesse sur les rudbeckias éclatants et les giroflées multicolores.

Je peux dire que je suis heureuse. Arnaud et moi avons acheté cette modeste maison cernée d’un beau jardin et de vieilles essences, tilleul, aulne, tulipier. Un sentier s’en détache pour rejoindre le bosquet voisin et la rivière. Deux enfants, un chien et trois poissons rouges. J’oubliais l’arrivée de notre nouvelle pensionnaire en fin de semaine, une tortue adoptée du nom de Laura. Je travaille, je jardine aussi, sans relâche, je bricole. Oui je peux dire que je suis apaisée.

Sauf quand je la revois. Jamais pendant mes rêves, toujours de jour. Sa haute stature se plante devant moi, une demeure carrée et effrayante aux murs aveuglants de clarté. Elle surplombe une colline pelée, ravagée par le vent. A dix ans, je me suis enfuie ; je n’ai rien emporté avec moi sauf cette vision d’une maison menaçante et d’une grille fermée. Y penser me remplit encore aujourd’hui d’une terreur inexpliquée. Des années qui ont précédé ma fuite, je n’ai conservé aucun souvenir. Des psychologues ont essayé de lire mes angoisses et mes hallucinations ; des détectives ont suivi mille pistes. En vain.

Ma vie a donc commencé à mes onze ans quand Dany et Henri m’ont recueillie et élevée. Ils ont retrouvé le nom de mes parents et le détail du PV de l’accident qui avait causé leurs morts. J’étais un petit bout de cinq ans. Après qui s’est chargée de moi, où je me suis retrouvée, rien. Je ne semble pas avoir été scolarisée, en tout cas, pas sous mon nom. Nous n’avons jamais retrouvé la maison. Je n’avais que peu d’indices, une pelouse à l’herbe sèche et calcinée, l’ombre d’une grande bâtisse, une grille. Je me souviens avoir très longtemps marché jusqu’à ce jardin où je m’étais réfugiée. Je me suis penchée vers les hautes fleurs qui ondulaient, l’un d’entre elles plus fine s’est inclinée et a caressé ma joue de ses pétales. J’ai éclaté en sanglots et je me suis endormie.

Dany et Henri m’ont trouvée là. J’ai ouvert les yeux et je leur ai demandé :

-          Cette fleur, elle s’appelle comment ?

-          Phlox. C’est son nom

Phlox, c’était un beau nom, parfait. Dany est partie passer un coup de fil à la garde civile et Henri m’a portée jusque chez eux.

 

Phlox

texte tiré de cette photo amicalement prêtée par Espiguette - http://espiguettebis.canalblog.com/

 

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Solstice

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Attendre et soudain se dire    que non

Suspendre                         écarter avec sérénité une fissure du quotidien

Espérer       peut-être  à contre-jour  sans même y penser

Réfléchir                        et soudain décider

Balayer l'encombrant    l'inutile

Ouvrir les fenêtres  et attendre

Se lever, se débarrasser de ce qui est essentiel

Et poser le rêve sur la table

Alors                 commencer cette solitude à deux.

 

Écrire.

Posté par caro_carito à 00:33 - - Commentaires [13] - Permalien [#]