Les Heures de Coton

Le très réel et véridique changement d'heure

Le temps s’apaise enfin. La vie redevient calme. Vivre ici et retrouver le souffle paisible de la maison.

Je voudrais pouvoir tracer demain sur un bout de ciel       

J'ai écrit

Posté par caro_carito à 22:14 - - Commentaires [8] - Permalien [#]


Duo d'avril

Un duo funambule pour ce mois d'avril,  et un jeu sur Anachronique, ou Anna Kronik ou... et croisons nos blogs.

Gballand du blog Presquevoix vous parlera d'un ange juste après tandis que j'écrirai autour de "Jours de pluie acide et après" sur le blog Presquevoix .

crazy tuesday inkulte fred lambert sylvie roux

 Publié sur Inkulte une photographie de Fred Lambert et Sylvie Roux


 

L’ange - Gballand

Elle s’appelait Anna Chronique et elle était funambule ;  une façon de compenser les déséquilibres de sa vie. Funambule de jour et même de nuit, car la lumière artificielle adoucissait les contours du monde.

Lors de sa dernière promenade au-dessus de Blue Street, elle avait croisé un ange qui époussetait les nuages. Elle l’avait interpellé familièrement.

-          Eh, vous !

-          Moi ?

-          Oui, vous qui voyez tout, vous pourriez m’expliquer pourquoi je ne peux pas vivre en bas ?

L’ange s’installa à califourchon sur son nuage.

-          Dites-moi tout.

Elle parla si longtemps que la nuit abordait déjà les rivages laiteux du jour. Quand elle s’interrompit, l’ange conclut.

-          Qu’attendez-vous de moi ?

-          Un conseil.

-          Je ne donne jamais de conseil, trop dangereux.

Elle lui jeta un regard si triste qu’il se laissa fléchir.

-          Bon, je vais voir ce qu’un vieil ange comme moi peut faire pour vous.

Après un rapide aller-retour au plus profond de son cœur, il constata.

-          Eh bien ma petite Anna, que d’émotions paradoxales dans ce cœur blessé. Je me suis permis de l’envelopper de fleurs d’oranger afin qu’il retrouve la paix.

-          Merci.

-          Revenons à ce garçon dont vous me parliez tout à l’heure : croyez-vous qu’un homme incapable de prendre de la hauteur puisse vous convenir ? D’autant plus que vous êtes funambule ?

-          Et si vous rentriez dans son cœur pour le faire changer ?

-          Ce que vous me demandez est impossible, la charte de bonne conduite des anges me l’interdit !

De désespoir elle en perdit l’équilibre, mais l’ange la rattrapa du bout de son aile duveteuse.

-          Ah non, petite demoiselle, il ne s’agit pas de passer de l’autre côté !

-          Mais que faire alors ?

-          Pourquoi ne pas chercher un funambule à votre goût. J’en connais plus d’un qui serait ravi de vous rencontrer.

Les yeux clos, Anna ne semblait pas l’entendre.

-          Si jamais ma proposition vous tente, reprit-il, envoyez-moi un message.

-          Un message ? Mais où ?

-          Ange 007, Blue Street, ça suffira.

Et l’ange se remit à épousseter les nuages car il craignait de se voir reprocher son retard. Quant à Anna, elle reprit son chemin. Les fleurs d’oranger diffusaient déjà leur douceur bienfaisante et elle avançait sereine, sur le fil de la vie…

Posté par caro_carito à 06:30 - - Commentaires [9] - Permalien [#]

Pal 2014 - Avril 2

poemes 90

90 poèmes classiques et contemporains – Magnard –Lycée

Sa petite taille m’avait séduite. Heureusement. J’ai ainsi découvert ou dépoussiéré des noms oubliés. Appris quelques anecdotes, notamment sur Aloysius Bertrand. Retrouvé de vieux amis. Un seul bémol à ce recueil doté d’un choix intelligent et sensible. Pourquoi pas Prévert ? Andrée Chédid ? Je ne leur en veux pas trop, ils finissent sur Jaccottet.

Un classique, évidemment.

une-photo-de-grand-mère

 

Une photo de grand-mère de Esther Hautzig. Maximax de l’école des loisirs

J’ai repris peu des lectures jeunesse. Ce livre trouvé d’occasion m’a attiré, graphisme de la couverture et le titre sans doute. J’avoue avoir aimé rencontrer Sara, découvrir l’époque des expositions universelles et découvrir Vilna, l’actuelle Vilnius, .

Bonne pioche

 

 

24000

Vingt-quatre mille baisers – Françoise de Luca – Éditions Marchands de Feuilles.

Une lecture magnifique, de celles qui vous bouleversent. Un livre que j’aurai aimé sans fin. Une langue poétique et musicale, des nouvelles d’une grande profondeur. J’ai eu l’impression de plonger à chaque page dans un univers bruissant de mots, de sensations, de couleurs, de toucher. Tant de passages à retenir, de textes, Prague, Indian Song, Jours comptés. Tant de finesse. Oui c’est cela, tant de finesse dans ce petit livre.

Coup de cœur 

Posté par caro_carito à 18:39 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

Pal 2014

pal 2014-pola

Un classique sinon rien

Peter Pan — James Matthew — Barrie Payot et Rivages

Un article qui annonce cette réédition récente (septembre 2013) et cette réaction toujours étonnée « comment est-ce possible ? » lorsque je me rends compte que ce titre classique qui me semble si évident… Hé bien, je n’en ai jamais parcouru une seule phrase. ou alors dans des éditions pour enfants, ça ne compte pas.

Alors Peter Pan que Walt Disney a popularisé au point qu’on en oublie le livre ? Et ce Neverland qui semble avoir toujours existé dans notre imaginaire, la faute au film et à Johnny Depp ?

En tout cas, Peter Pan fut une des premières tentations de la pal 2014. Une tentation bienvenue, surprenante, décontenançante même. Une touche d’écriture classique, un récit irréel plus qu’irréaliste et ces passages bouleversants.

Un classique définitivement, mais un classique si moderne dans son récit déstructuré, dans la dureté des relations qu’il décrit et cette touche de folie, d’impossible qui séduit. Le charme des Darling, cette famille si étrange et "à côté de la plaque". Et cette parcelle de vérité qui vous frappe au plexus.

Extrait

peter pan

"Mme Darling eut vent de Peter pour la première fois alors qu'elle était occupée à mettre de l'ordre dans l'esprit de ses enfants. C'est une habitude nocturne de toute bonne mère, de fouiller dans l'esprit de ses enfants dès qu'ils sont endormis et de remettre toute chose d'aplomb pour le lendemain, rangeant à leur place de nombreux objets égarés pendant la journée.
Si vous pouviez rester éveillés (mais c'est impossible, bien sûr), vous verriez comment s'y prend votre maman et trouveriez très intéressant de l'observer à ce moment. Vous la surprendriez à genoux, je pense, se demandant perplexe où diable vous aviez bien pu dénicher ce machin, faisant des découvertes agréables et d'autres qui le sont moins, pressant cette chose contre sa joue comme si c'était aussi doux qu'un petit chat, et faisant vivement disparaitre cette autre de la vue. Quand, le matin, vous rouvrez les yeux, votre méchanceté et les passions mauvaises qui vous accompagnèrent au lit, vous les retrouvez pliées en une pile serrée, et repoussées tout au fond de votre conscience. Par-dessus sont rangées vos plus jolies pensées, attendant que vous les enfiliez."

Un classique, c'est-à-dire une valeur sûre et inaliénable.

 

Posté par caro_carito à 23:59 - Commentaires [10] - Permalien [#]



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